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La Distro de la Zone
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17 avril 2007

Chronique : The Feeling of Love, King Automatic, Bananas At the Audience

* Article paru dans le bulletin de la zone (avril 2007) *

On ouvre cette nouvelle chronique distro avec quelques plaques sélectionnées pour le plus grand plaisir de vos oreilles. 

         Commençons par un flash-back sur la soirée one man band où l'on retiendra surtout les performances de Feeling of Love et de King Automatic. Le premier nous a laissé un maxi cdr 3 titres enregistré sur 4 pistes en utilisant apparemment juste une guitare, sa voix et une boîte à rythmes. Le résultat est bien rock'n'roll et basique à souhait avec un son bien crade et quelques larsens de-ci de-là. Ca sature joliment et c'est comme ça qu'on l'aime (THE FEELING OF LOVE "The semen session"/www.myspace.com/the feelingoflove). 

         Mieux encore, King Automatic dont la performance a marqué de manière indélébile nos cerveaux, nos yeux et nos oreilles. Sur scène le lascar chante, joue de la guitare, de l'orgue, de l'harmonica et de la batterie, tout ça en même temps ! Serait-ce une pieuvre ou une créature mutante échappée d'une foire aux monstres pour réussir ce genre de prouesses ? Que nenni ! Le bougre utilise judicieusement des pédales-sampler lui permettant de boucler successivement un riff de guitare, une mélodie à l'orgue, quelques notes d'harmonica, ... pour construire des morceaux aussi complets que s'ils avaient été joués en groupe. C'est pas beau la technologie quand même ? Cela permet en tout cas à notre gusse de se faire passer pour les Animals à lui tout seul. Sur disque, on a droit en plus des instruments déjà cités à du xylophone, du sax et de la harpe. Une panoplie assez complète pour un r'n'r pur jus plein de bonnes intentions comme le laissent entendre les titres "Stop working" (!), "Two grams" (!!), "Coffee and speed" (!!!). Bien bel exemple pour la jeunesse désoeuvrée de nos jours, n'est-il pas. (KING AUTOMATIC "I walk my murderous intentions home"/Voodoo Rythm/www.kingautomatic.com

         Précisons qu'on a reçu d'autres disques à cette soirée (cd, lp, ep) que ceux chroniqués ci-dessus, mais le manque de temps ou de place ne nous permet pas de tout chroniquer ici. Après cette parenthèse, on passe à quelque chose de plus noise avec Bananas at the audience. Après 2 albums autoproduits chroniqués en ces pages en leur temps, ils ont trouvé refuge sur le label lyonnais S.K. records (Ned, Doppler, Mary Poppers, ...) et ce n'est que largement mérité. Les B.A.T.A. sont un des meilleurs groupes de la scène bruitiste française et ne se contentent pas de reproduire les efforts de leurs aînés officiant dans les années 90. Leurs morceaux sont construits sur des charpentes rythmiques solides et diversifiées par-dessus lesquelles se greffent les riffs de guitare, les samples (ou ce qui y ressemble) et cette voix si particulière avec son timbre un peu soul (emo diront certains mais c'est peut-être un peu réducteur ici). Bref, B.A.T.A c'est un groupe noise rock bourré d'énérgie et d'inventivité à découvrir sur le champ (BANANAS AT THE AUDIENCE "Into the house of slumber"/SK records/attheaudience.free.fr). 

         Alors découvrez, bon sang, et répandez la bonne parole bruitiste autour de vous, faites en un hype ou ce que vous voulez mais faites quelque chose de grâçe ou je continue d'aligner les lignes jusqu'à ce que j'en oublie de quoi je parlais histoire d'embrouiller vos cerveaux qui n'avaient pas (alors là pas du tout) besoin de ça en plus de la dernière fois où. 

         STOP !

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17 mars 2007

Chronique : Hitch, Super Elastic Buccle Plastic, Drain Pump Booster, Le Prince Harry

* Article paru dans le bulletin de la zone (mars 2007) *

Hello, 

         Quoi de neuf sous les spotlights de la distro? Tout d'abord Hitch qui, à l'occasion de leur passage début janvier en nos murs, ont veillé à réapprovisionner nos stocks en vinyles et en cds. Retour donc en nos bacs de "Monolith" et arrivée des deux derniers albums "Trails are ablaze" et "We are electric !" sans oublier le dernier single sorti en 2 éditions différentes et la compil de remixes sortie pour les 10 ans du groupe. Mais revenons plutôt sur leur dernier opus où le trio courtraisien post-hardcore confirme tout le bien qu'on pensait d'eux avec la même énérgie dégagée qu'auparavant mais peut-être mieux canalisée, mieux maîtrisée. Le son semble débarrassé de tout artifice inutile avec des basses bien rondes et des batteries bien sèches qui soutiennent des riffs incisifs à la saturation chaude et naturelle. Et si certains auront l'impression que "ça pète moins qu'avant", je leur conseillerais de se rendre à un prochain concert du groupe pour chasser cette fausse idée (Hitch "We are electric" /Vlas vegas recs/Moonlee recs). 

         S'il reste des sceptiques, je leur proposerais de se tourner vers le nouvel album des Italiens de Super Elastic Bubble Plastic.Vous vous souvenez comment ils avaient mis le feu à notre bonne salle en février 2006 ? Et bien ils ont remis ça en janvier dernier au Carlo Levi sauf que ça manquait cruellement de combustible humain comme nous n'étions pas plus d'une dizaine de spectateurs ! Qu'à cela ne tienne, les planches ça brûle aussi bien et le trio m'assurait qu'il avait passé un bon moment malgré l'audience fantômatique. La prestation donnée par le groupe ainsi que mon sens aigu du devoir m'ont d'ailleurs poussé à leur "soutirer" quelques plaques pour notre bonne distro. En interview, ils disent écouter Sonic Youth, Unwound ou encore Jesus Lizard, des influences que l'on retrouve effectivement dans leurs compos même si celles-ci semblent plus accessibles que celles de leurs modèles notamment dans les mélodies. Cela n'en reste pas moins du bon rock indie, tendu, assez sombre et bourré d'adrénaline (Super Elastic Bubble Plastic "Small rooms"/Redled records). 

         Plus nuancé et moins sombre, Drain Pump Booster utilise basse, violoncelle, guitare, saxo, batterie, voix et samples pour tisser un univers musical qu'on pourrait qualifier de noise décalée. Car si l'on y retrouve le terreau fertile déjà travaillé par bon nombre de leurs compatriotes français, celui-ci s'enrichit non pas d'une bonne dose de Substral mais bien de divers arrangements sonores bizarroïdes et de compos assez peu linéaires. Une instrumentation variée, des textes plutôt surréalistes et des samples amusants dont certains semblent provenir de vieux films français des 60's ou quelque part par là, voilà déjà pas mal d'atouts pour attirer les curieux(-ses) que vous êtes, pas vrai ? (Drain Pump Booster "Contestualizabille"/La Vache/Emil). 

         Mais on s'en voudrait de clôturer cette chronique sans mentionner la sortie du maxi vinyle 4 titres de ces chenapans de Le Prince Harry dont la démo fut chroniquée dans le bulletin de décembre. Quatre titres déjà présents sur celle-ci mais dont le son a été reboosté et qui sont emballés sous une pochette trashy réalisée par le collectif Plin Tub' (Le Prince Harry "We don't care, we are insolvents"/Plin Tub'). 

         Enfin nous ne passerons pas non plus sous silence la première soirée de «L'armée des bonbons" pour cette saison à la Zone suite à laquelle la distro s'enrichit de leur première sortie vinyle, le 45 t de Kania Tieffer "get flunky" et son electro-twist déviant. Soulignons aussi en vrac l'arrivage de quelques inclassables issus du réseau de DJ Motocross : de l'electro-ludique (Felix Kubin, Neoangin, Puyo Puyo, Ming...), de la noise (Sun Plexus,Kunt,...) et même du post-rock vitaminé (Tanté Fellipé). Voilà le compte y est, achetez-vous un panier et venez vite faire vos emplettes à la distro. On peut aussi regarder, toucher et écouter avant d'acheter ou encore ne rien acheter du tout. Étonnant, non ? 

Plus d'info cliquez :

16 juin 2006

Kronik

* Article paru dans le bulletin de la zone (juin 2006) *

Oyé amis, une fois n'est pas coutume, ouvrons ces news avec plein de lecture. Tout d'abord le dernier My Way (cf. soirée et expo du mois passé) ayant pour thème " Rock'n'love " avec au sommaire tout un tas de talentueux crobardeux tels Mimi Trailette et son sex karaoké, Hurricane Ivan et l'histoire de Brian Jones tombeur jusqu'au tombeau, Beltran et sa rockeuse de tous les fantasmes, Matt et son rockeur loveur, Alexis Allard et ses délirants Schtroloveurs et même notre P'tit Marc dans ses déboires amoureux. Ne le loupez pas puisqu'il s'agit du toutou dernier numéro :-( (My way #8 / Valice Production). 

         On poursuit avec le dernier Mycose qui a valu à ses auteurs d'être primé au festival d'Angoulême, la Mecque pour les jeunes (ou moins jeunes) dessinateurs en quête de reconnaissance. Chapeau bas donc à P'tit Marc en direct du stade, Gomé sur ses chiottes spatiales, Gof et son raton nageur, les hilarants Hugo & Lem et leurs super héros bien décalés, Marcel Ruijters et son bad trip mystico-religieux ou encore Phil et ses jolis contes de la forêt. La fine équipe liégeoise semble avoir bien trouvé ses marques entre tranches de vie, essais poétiques, touches surréalistes angoissantes et purs délires humoristiques. Bon vent à eux (Mycose #18 / Mycose comix factory). 

         Autre zine liégeois que l'on aime bien, Détruitu se fend d'un numéro spécial " Poubelicité " histoire de rappeler combien la pub nous pollue au quotidien. Qui s'y colle ? Jam plus Blanquet que nature, Burt bien gore avec son trait dur et clair, Aurélie William Levaux qui insiste sur la joie d'acheter, Le prof Nikko et le Dr. Dish qui nous donnent une bien belle leçon de vie et Rastaraf emballe le tout dans une chouette couverture dont il a le secret. Le résultat est inégal mais souvent sympathique et amusant. Continuez les amis ! (Détruitu #4). 

         Qui peut me dire le point commun entre Mycose et Détruitu ? Il y en a au moins un(e) et elle s'appelle Aurélie W.Leveaux. Elle publie également en solo ses recueils d'histoires composées de quelques pages en noir et blanc excepté pour l'une d'entre elles ou apparaît la couleur. Mais c'est plutôt la noirceur qui habite ces planches troublantes. Elles révèlent un univers de fantasmes, d'angoisses et de doutes qui semblent typiquement féminin. La transformation, maturation et mutilation du corps (règles, grossesses), la peur de perdre l'autre, de ne pas être écoutée et aimée en sont quelques exemples. Le tout baigne dans une ambiance assez glauque mais très poétique et (faussement) naïve, on croirait avoir à faire à l'œuvre d'une petite fille révoltée ou déboussolée face à la femme qu'elle est devenue. Un régal de poésie douce-amère assez dérangeante pour lecteurs avertis (Aurélie W.Leveaux " Sehnsuch nach der ersten liebe " - " Abandon " / Mycose comix factory). 

         Assez pour les yeux, en voici pour les oreilles maintenant avec Doog, sympathique duo aperçu en mars dernier au concert Between Brackets. Un mec à la guitare, une nana à la basse et tous deux s'occupent de samples. Le résultat est groove mais tirant sur le rock avec quelques interventions vocales sous forme de textes récités, de cris voir de chœur plutôt que de chant à proprement parler. Assez trépidant, le rythme se calme le temps d'un morceau plus dub quand ce ne sont pas des influences d'Europe de l'Est ou latino qui apparaissent. A l'arrivée, un album bien agréable qu'on peut aussi bien écouter chez soi que pour chauffer la piste (Doog " sous la lampe " / Toones prod /www.doog-toones.com). 

         Tout autre chose à présent avec les Italiens de Super Elastic Bubble Plastic qui ont foulé nos planches en février dernier lors de la soirée Halfway To Hell 333. Ils ne ménagent pas leur efforts pour nous balancer un rock assez dynamique, tendu et rebondissant aux accents bien emo, bien foufou à part sur " Sisters " morceau plus bluesy où s'invite un saxo. Au jeu des familles ce seraient les cousins latins de groupes tels Jesus Lizard ou Kepone sans aller jusqu'à la même complexité technique qu'on retrouvait parfois chez ceux-ci. Vous voyez le genre ? Sinon passez et on vous fera écouter (Super elastic bubble plastic " The swindler " / Redled records /www.superelasticbubbleplastic.net). 

         Profitez de ce mois de juin, dernier mois d'ouverture pour la distro comme pour la Zone. C'est le moment de venir découvrir tout ce que vous avez négligé durant l'année histoire d'avoir de bonnes galettes à vous mettre dans les oreilles ainsi que de beaux livres et zines à zieuter pendant la trêve estivale. 

         Ciao et bonnes vacances ! 

         Phil Distreau

16 mai 2006

Kronik

* Article paru dans le bulletin de la zone (mai 2006) *

Commençons tout d'abord par réparer un petit oubli, car on était tellement absorbés dans l'écoute contemplative de la dernière sortie du label Fario qu'on en aurait presque omis de partager notre intérêt pour celle-ci. Pour rappel, Fario n'est autre que le pendant discographique des éditions Jeunes Garennes qui publient annuellement l'excellent fanzine Feardrop. Cette dernière sortie réunit, comme d'habitude sous forme d'un split cd, Christian Renou et Troum. Le premier dépeint ici des paysages " musico-naturalistes " riches d'une vie subaquatique grouillante ou légère comme l'air, céleste, à l'aide de vagues, bouillonnements, souffles ténus, sifflements et autres tintements métalliques. Les seconds étoffent ce langage abstrait par un jeu sur les échos, de superbes nappes et quelques voix spectrales. L'ensemble se clôt sur un très beau morceau de Troum où des percus tribales inlassablement répétées soutiennent de profondes nappes ambient et des cordes délicatement frottées. Une vraie perle en matière de dark ambient essentielle et loin de tout cliché. L'objet est emballé sous format A5 et magnifiquement illustré par Denis Boyer, rédac' chef du Feardrop. (Christian Renou/Troum " Dissolution " / Fario /www.troum.com). 

         D'autres choses encore avaient été mises de côté en attendant de pouvoir vous les proposer. Cela remonte au concert de Kaly Live Dub il y a déjà une bonne année où ceux-ci n'étaient pas venus les mains vides. Qu'avaient-ils dans leur besace ? Non seulement leur album " Hydrophonic " déjà chroniqué en son temps mais aussi un beau digipack orange reprenant 2 maxis et 3 autres tracks dont notamment un inédit. On y trouve donc des remixes de High Tone, Crystal Distortion (d'n'b) ou Pushy! (ancien V.R.P. et précurseur breakbeat/breakcore en France) mais aussi des collaborations avec Rod Taylor, vétéran jamaïcain vieil habitué des soundsystems. C'est pas compliqué y'a rien à jeter et en plus le visuel de ce disque est super trippant, donnant un aspect vivant aux machines, circuits et autres transistors et illustrant de la sorte à merveille la musique du crew (Kaly Live Dub " 3 maximal overdubs " / Dub Dragon /www.kalylivedub.com). 

         Même design pour HybridSoundSystem composé du batteur et du manipulateur de samples du dit crew et même niveau de qualité au rendez-vous. 9 titres qui oscillent entre la dub, l'électro, l'ambient et le psyché. 9 titres truffés d'effets en tout genre et de samples à profusion sous forme de dialogues, de boucles ou de nappes. 9 titres disposés selon une progression en BPM de manière à démarrer dub down tempo pour en arriver aux 3 derniers tracks drum and bass bien dynamiques. Au finish, c'est un parcours sans faute que nous propose cette atypique soundsystem (HybridSoundSystem "Synchrone " / Soundsaround /www.soundsaround.net). 

         Et pour clôturer en beauté, on retourne aux origines du label Soundsaround via la première plaque sortie par celui-ci en éclaireur de leur style " electronik et dubadelik ". 16 titres où la dub et l'électro sont fortement empreints d'un parfum de psychédélisme. Des sonorités chaudes et organiques, profondes et démultipliées par les échos et les réverbs. Soundsaround dessine le futur (présent ?) de la dub via un métissage avec de multiples influences comme les labels Warp, Ninja Tune, Anticon ou les artistes Dj Krush, Big Audio Dynamite, The Prunes,... Une fois de plus, un genre musical trouve des nouveaux débouchés par le mélange et la fusion, so open your mind chers lecteurs ! (Various " Dub excursion " / Soundsaround /www.soundsaround.net).

1 février 2005

Kronik Distro

* Article paru dans le bulletin de la zone (fév 2005) *

Et non la zone n'a pas encore dit son dernier mot, pas d'avantage d'ailleurs que la distro. 

C'est à partir de cette fabuleuse rime qu'on repart pour un copieux tour d'horizon de quelques-unes des nouveautés arrivées dans nos bacs orange. " News from the underground "  tout d'abord avec la super compil rock'n'roll de Sounds of subterrania, label allemand qui héberge entre autres nos amis de Two Star Hotel. On trouve au côté de ceux-ci quantité de groupes aux morceaux intéressants, rafraîchissants ou tout simplement classiques et imparables. Parmi eux le catcheur déjantéLightning Beat-Man, les fêlés de Monsters, les "emo punks" Grey Goose et Cro(w)s avec leur chanteur à la superbe voix rauque et écorchée, ou encore les incendiaires El Guapo Stuntteam. Voilà déjà quelques moments de bravoure de cette compil mais si vous préférez le boogie, les trucs plus fun ou sucrés ou à l'inverse que vous êtes inconditionnels de Lemmy ou de ce Bon vieux Scott, vous devriez aussi trouver votre bonheur. Bref si vous aimez le rock'n'roll au sens large (je ne parle pas ici de la camelote formatée sur mesure pour purée fm et autres) ne loupez pas ça (Various " Leitwerk der modernen idomatik " / Sounds of subterrania). 

Mais bon, vous préférez peut-être les pulsations plus profondes et lentes qui ondulent et serpentent ? Alors précipitez-vous sur le nouveau Löbe Radiant Dub System, une perle du genre. Ils mêlent avec toujours autant d'habileté le dub langoureux et les sons electro trippants pour un agréable voyage en apesanteur. Bonne surprise, on y retrouve même quelques parties de guitares bien lourdes (abandonnées depuis que le groupe a rallongé son nom initial Löbe) venues rétablir la gravité au moment opportun. Une référence incontournable (surtout en live) en matière de dub electro teinté d'atmosphères psyché (Löbe Radiant Dub System "Vibe Disciple " / Jarring Effects). 

Et on double la dose avec Kaly Live Dub (présent aux Festival des Pierres Levées 2004) qui bénéficie d'une production plus claire, plus "claquante " que Löbe. Après 1 ou 2 morceaux de mise en jambes, ça décolle vers un dub des meilleures eaux : basses profondes, écho à profusion, samples judicieux et/ou marrants, quelques voix et même un orgue psyché par-ci par-là. Tous les ingrédients (et même la petite touche du chef) sont là pour que vous vous perdiez corps et âme dans cette délicieuse dubby mixture. A noter qu'ils seront en concert dans notre salle le 5 mars, c'est un samedi. (Kaly Live Dub " Hydrophonic " /Dub dragon production). 

Mmouais, je vois que certains font la grimace avant de recracher ce breuvage pourtant bien goûteux. A ceux-là, on conseillera plutôt le nouvel album de Dreadfool qui poursuit sa voie dans l'electro-indus cinglante ayant fait les beaux jours du collectif NBC il y a quelques années et enchantant aujourd'hui les aficionados d'Arcanum Noctis. Un mélange de beats martiaux, sonorités froides et métalliques, mélodies synthétiques et vocaux généreusement saturés (peut-être un peu trop systématiquement ?) tout comme le reste d'ailleurs. Sur cette nouvelle auto-production, Dreadfool approfondit les sillons déjà creusés suite à ses premiers assauts. On s'attend maintenant à le voir défricher d'autres territoires comme ceux que l'on aperçoit au travers d'intermèdes placés ça et là et permettant d'agréables respirations (Dreadfool " Silent scream "). 

En parlant de respiration, on en prend une bien profonde avant de plonger en apnée dans l'univers du fanzine Feardrop qui nous livre ici son 11ème volet intitulé " Dendrites " accompagnée de sa fidèle compil appelée pour l'occasion " Manganèse ". De quoi rassasier les audiophiles les + avertis et autres amateurs de musique pointues, expérimentales, concrètes, bruitistes, atmosphériques et/ou environnementales. Quelques artistes présents sur ce volume : Orphx, Beequeen, Minimal Compact, Wire, C-Drik,... (Feardrop n°11 " Dendrites "/éditions Jeunes Garennes). 

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, voici venir le 7ème split cd de la série Fario (label de Feardrop) qui accueille iciVromb et Telepherique. L'électro minimaliste, précise mais riche en mouvements du canadien Hugo Girard nous emmène à la (re)découverte du Cosmos illustrée par des samples provenant d'archives radiophoniques ou télévisées. A ses côtés, les allemands de Telepherique nous plongent dans des paysages sonores plus fluides et oniriques où les flûtes et percussions installent un climat d'une moiteur quasi palpable. Mais la musique de Telepherique peut aussi se faire plus rigoureuse, lorsqu'un beat soutient ces subtiles mécaniques tribales traversées de nappes profondes ou éthérées (Vromb+Telepherique " Paradigma "/Fario). 

Voilà de quoi chouchouter vos tympans pour un petit temps, pas vrai ? 

On se retrouve le mois prochain pour un peu plus de lecture et un peu moins de zique. 

Et puis on se retrouve aussi en vrai à chaque concert (mais au rez-de-chaussée) pour toucher et essayer toutes les belles choses dont on vient de parler.

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1 juin 2010

Kronik : Kylesa, Revok

* Chronique parue dans le bulletin de la zone (juin 2010) *

On commence cette dernière chronique de l'année avec un disque dont j'aurais bien failli oublier de vous parler si vous m'aviez laissé faire. Mais heureusement je peux compter sur vous pour me rappeler le passage d'un groupe parmi les plus marquants ayant fait trembler les murs de la Zone en 2009. C'était fin octobre/début novembre, période où il convient de réveiller les morts pour les inviter à nous rejoindre festoyer, une tâche pleinement remplie par Kylesa invité chez nous par le collectif Live Till You Die et un succès de foule amplement mérité pour ces Américains vraiment impressionnant d'efficacité et de maîtrise. Deux batteurs donnent une puissante force de frappe et un côté tribal imparable à leur post-metal nourri d'une multitude d'influences diverses. Sludge, hardcore, psychédélisme, r'n'r voire même pop dans certains passages, tout ça joué sans temps mort ni plantage apparent. Sur leur quatrième disque on retrouve tous ces éléments avec des tueries comme la plage d'ouverture "Scapegoat" ou des moments de fulgurance psychédélique comme "Unknown awareness" (Kylesa "Static Tension" / Prosthetic).

Autre gros morceau de cette chronique, les Parisiens de Revok dont le nom évoquera peut-être chez les plus cinéphiles d'entre vous un lointain souvenir du film "Scanners" de Cronenberg et de ses cerveaux qui explosent. Ici, si on n'a pas encore la tête qui explose, la tension n'en est pas moins palpable au travers des 9 titres qui composent cet album et on sent la grosse veine au milieu du front qui enfle méchamment. On se trouve en présence d'un excellent noise rock qui descend en droite ligne de celui pratiqué par leurs aînés il y a 10 ou 15 ans voir plus (Sleepers, Portobello Bones, Condense,...). Noir, acéré, plein d'amertume et de rage intériorisée sur des titres comme "Bills pay pills", "Ambulatory self" ou "The chopped off heads of Leviathan", cet album est une véritable aubaine pour tous ceux qui furent et sont encore accros à ce courant underground typiquement français largement représenté à la Zone en son temps (Revok "Bad books and empty pasts" / Rejuvenation recs).

1 février 2010

Distro News : Skiv Trio, Slemper, compil dubstep

* Chronique parue dans le bulletin de la Zone (fév. 2010) *

Ce mois-ci, focus sur le label Plynt Records (anciennement appelé Aeclectrick records) à l'occasion du passage de Skiv Trio à la Zone en décembre dernier, une formation dans laquelle on trouve Jim le fondateur du dit label ainsi que le batteur et le saxophoniste de Khartung. Ils mêlent le jazz aux expérimentations electro quand ils ne prennent pas la tangente post-rock ou des accents bruitistes. Vous l'aurez compris, on est en plein mélange de genres à l'image d'une instrumentation qui compte saxo, clarinette, batterie, machines et guitare. Pas de fourre-tout indigeste sur ce 4 titres mais un ensemble cohérent, fouillé et d'une surprenante maturité comme leur tout premier concert donné en nos murs et qui augure du meilleur pour ce jeune groupe qui tente, à sa manière, d'explorer de nouvelles voies qu'on suivra volontiers (SKIV TRIO "Twang" / Plynt records).

Et puis on remonte en 2007, quand le dubstep a commencé à se faire entendre par chez nous grâce principalement à Bun Zero, organisateur de soirées, dj, chroniqueur spécialisé electro dans Rif Raf et "sélecteur" du tracklisting de la compil dont il est ici question. On rappelle pour ceux qui auraient loupé le train en marche ainsi que les soirées Urban Tones de l'ami Jack que le dubstep est ce courant qui brasse entre autres dub, electronica, indus et two-step. Et c'est le meilleur du style qui nous est ici proposé par Bun Zero en 13 titres d'artistes issus d'Angleterre évidemment mais aussi d'Amérique, d'Allemagne, du Danemark, de Roumanie ( !) et même de chez nous. L'accent est mis sur le côté deep, urbain et mélancolique, une dimension trop souvent oubliée en soirée au profit des écrasantes sub-bass ou des cadences frénétiques de la drum'n'bass. Ici c'est d'abord la danse des neurones puis l'irrépressible hochement de tête chaloupé avant un mouvement plus généralisé du corps en ondulations régulières. Bref tout le monde flashe et finit par onduler comme un serpent à l'écoute de Ramadan Man et ses mélodieux médiums carrément chantants ou encore Grand Danois qui construit son morceau autour du cri de l'esprit, le fameux "khi" cher aux pratiquants d'arts martiaux. Idem pour Marlow et son titre échafaudé autour d'un thème de musique classique tellement connu que le nom m'échappe ainsi que pour l'allemand Slazenger et son hypnotique "Eightball" dont les puissants services nous envoient vite sur orbite. On pourrait quasi tout citer sur cette compil où il n'y a pas grand-chose à jeter qui fait référence en matière de dubstep (VARIOUS "Sub Stance" / Aeclectrick records ).

Deux ans plus tôt sortait sur Aeclectrick l'album "Mismatch" de Slemper sous une pochette surréaliste présentant un double câble cinch directement branché sur un cornichon ! S'agirait-il d'une tentative de restitution du chant des cucurbitacées ? En tout cas, l'aspect aigre n'est pas ici mis fort en avant au profit de la douceur d'une electronica ludique mais assez frétillante qui se frotte aux clicks'n'cuts et autres manipulations IDM, du genre à passer sans problème à l'affiche du défunt festival Panoptica. Si on a pas mal de sympathie pour ce genre il faut bien reconnaître qu'il n'est pas ici extrêmement renouvelé. Il faut attendre les deux tiers de l'album pour que les compos s'épaississent et se posent avec davantage de mélodies mais aussi des sonorités plus profondes, organiques, voire même granuleuses. Dommage qu'une fois passé ce cap et alors qu'on commence à pleinement accrocher, arrive déjà la fin de cet album. Un conseil, écoutez le en ordre aléatoire (SLEMPER "Mismatch" / Aeclectrick rec
Phil

1 janvier 2010

Distro News : Speedball, My Way, Mainomenos

* Chronique parue dans le bulletin de la Zone (janv. 2010) *

Ami(e) lecteur ou lectrice,

Tu aimes lire, c'est évident, sinon je ne serai pas en train d'essayer de ficeler cette chronique qui tourne essentiellement autour de 2 zines parmi nos préférés à la distro, j'ai nommé Speedball et My way.

Commençons par le premier de ces 2 zines, Speedball, orienté sur le thème de la malbouffe version apocalyptico-punk comme on s'en doute avec la bande d'agités qui y dessinent habituellement. On y retrouve Cha, activiste végétarienne, avec son personnage de baby-sitter bien trash qui explique aux jeunes enfants le formidable monde de merde dans lequel nous vivons sans prendre de gants ni pincettes, laissant les petites têtes blondes un rien traumatisées sans doute mais néanmoins emplies d'une conscience en éveil. Et puis les 16 pages de l'incontournable et impayable Melvin, carrément un mini récit comico-gore où il est question de plantes, d'engrais et de recyclage d'un genre assez particulier même pour les férus d'écologie alternative. Et comment éviter Chester et ses 13 pages d'anticipation/fiction quelque part entre "Soleil Vert" et "L'âge de cristal". Autour de ces trois là, une poignée d'artistes variés aux talents divers (Isha, Jess X, Le K, Slo, Tir/Wurst) dont on extraira aussi Meka et son style inspiré de comics americains au trait fort anguleux. Eclaté et décalé dans tous les sens du terme, il n'hésite pas à déborder des cases ou à laisser des trames grisâtres apparentes en background qui donnent un côté évidemment assez libre et que les amateurs apprécieront. N'oublions pas non plus Yvan Brun et sa couv' férocement anti fast-food (collectif Humungus/Speedball n°3).

Mais revenons à Chester puisqu'il n'est autre que le fondateur de My way dont le dernier numéro aborde l'épineuse et éternelle question "Le rock'n'roll est-il mort ?". Ce numéro 9 est emballé dans une très chouette couverture de Mo/Cdm où l'on voit une bande d'orphelins éplorés qui versent de chaudes larmes sur la tombe du rock pendant qu'à côté se pressent les voisins et la police l'index sur la bouche réclamant le sacro-saint SILEEENCE ! A l'intérieur les talents se bousculent pour apporter leur contribution au brûlant débat. Mais qu'est-ce que finalement le r'n'r ? Un esprit ? Une attitude ? Une manière de vivre ? Et si tout cela avait été depuis longtemps récupéré et transformé en plans et stratégies marketing comme tout autre produit de consommation ? Si tout cela n'était plus qu'un grotesque épouvantail, symbole d'un conservatisme/conformisme ambiant ?!? C'est en tout cas le genre d'hypothèses défendues dans les 2 pages d'Athalide. Pour le reste, le ton est plus fun et/ou destroy avec un niveau de qualité qui fait de My way la Rolls...euh pardon...la Harley des zines rock&BD. Rayon poilade on pointera Jack qui remonte lui aux origines du r'n'r il y a bieeen longtemps, tout comme Gomé qui lui nous propose un voyage dans l'espace-temps, après explosion de notre terre, à la recherche de la "pierre philosophale" rock'n'rollesque, j'ai nommé le 45 tours. Mimi Traillette aussi qui nous apporte de précieux éléments dans l'enquête au sujet de la transformation de nombreux punk rockeurs en hippies, je n'en dis pas plus mais en ris encore. Puis d'autres qui nous parle des revenants du rock, car si ce vieux bougre est mort il possède probablement ses zombies ! Il serait fastidieux de citer la quarantaine d'auteurs ayant participé à ce MW mais on remarquera qu'il n'y a vraiment pas grand-chose à jeter, bravo pour cette constance ! Et dire que c'est le dernier numéro de MW...enfin wait and see vu que le précédent semblait aussi être le dernier (ouvrage collectif/MyWay n°9).

Et puisqu'on parlait de hippies tout à l'heure, restons dans le ton avec la troupe de Mainomenos anciennement connue sous le nom Kaophonic Tribu dont on se souvient des prestations live à faire trembler la terre. C'est justement d'un live dont sont extraits les 5 titres dont je vous cause et c'est tant mieux car le cd démo écouté auparavant ne m'avait pas trop convaincu. En effet s'il est bien un groupe à voir sur scène c'est eux, l'énergie tribale proche de la transe qu'ils dégagent s'appréciant de préférence dans sa forme la plus vivante et naturelle possible. L'emploi du mot naturel ne doit ici rien au hasard puisque la musique de Mainomenos est en connexion directe avec les éléments et les forces naturelles. On se retrouve ainsi au milieu de la forêt, à travers les plaines perdues ou pourquoi pas au pied d'un volcan. Je précise qu'ici il n'est pas question de field recordings ou autres mais bien d'instruments souvent acoustiques ou parfois électriques sonnant comme une pulsation primale, des phénomènes ou forces naturelles (tonnerre,tempêtes,...) ou des animaux (plusieurs fois on croirait entendre le barrissement de l'éléphant) . Percussions en tout genre, didgeridoo, basse, flûte, chant/onomatopées sont une liste non exhaustive des moyens déployés par Mainomenos pour imiter la nature, ce qui selon certains n'est autre que le but de l'art (Mainomenos "Live).

Bon je vous laisser libre de disserter à ce sujet, vous avez jusqu'au prochain billet distro pour ce faire, moment auquel je ramasserai les copies. Bon travail !

Phil

17 octobre 2002

Distro News

* Article paru dans le bulletin de la zone (oct. 2002) *

Un grand coucou à tout le monde ! 

               Comme Frédé vous l'apprenait dans les Distro News précédentes, la saison qui s'ouvre verra notre antre subir moult chambardements, dont nous espérons qu'ils s'opéreront tant en faveur des "usagers" que de l'équipe itou. 

               Pourrons-nous faire rimer "présentage soigné" et "stockation ordonnée" du volumineux matériel d'éducation livresque et musicale, proposé par des dizaines de labels, maisons d'édition, associations, individus, "collègues distributeurs", journaux, fanzines, musiciens, auteurs, collectifs et autres camarades ? Pas évident, a priori, d'avaler la totale, ni pour vous ni pour nous, mais on va y aller par petites touches, histoire de garder le cap sans devoir recourir à une boussole ou un compas. 

               Tenez, justement, il y a fort à parier que l'arrivée dans notre hutte de l'ami Shark (déjà "bénévole salle de concerts") se soit déroulée à votre insu, puisque notre "petit nouveau" s'est laissé glisser sans fracas dans la peau de "bénévole distro". C'est que, voyez-vous, le garçon occupait déjà régulièrement un fauteuil au sein de notre "store où ka des mies (de kramik)". La spéciale dédicace et le welkom de rigueur adressés à Shark (ainsi donc élevé au rang de 8ème huttier). 

               Terminons ce vaste chapitre "chamboulatoire" en lançant un appel, une fois n'est pas coutume, à vous, chers "fréquenteurs" et chères "fréquentatrices" : nous recherchons du mobilier de récup' (genre structure légère de plastique, métal ou bois) pour y déposer des tracts, folders, gazettes, autocollants, etc.,... . Si votre grand-mère était buraliste ou votre arrière-oncle ferrailleur, un inestimable trésor sommeille peut-être dans votre grenier ou votre cave, alors contactez-nous dès que vous aurez mis la main dessus ! On peut vous aider à dépoussiérer et embarquer le bidule, spécialement s'il est monté sur roulettes. 

               En ce qui concerne les arrivages de papiers, on relèvera que vous vous êtes d'ores et déjà rués sur les collections Librio (environ 100 titres) et Esprit Frappeur(une cinquantaine de références) que Frédé a commandé à la librairie du Centre CulturelBarricade durant les vacances (Entre-Temps se situe au #19 de la rue Pierreuse et est ouverte du lundi au samedi entre 13h30 et 18h30). 

               Allez-y gaiement car notre bibliothécaire à nous a mis en place un arsenal informatique des plus efficaces qui lui permettra de visualiser l'ensemble en permanence. Tout à côté de cette riche source de savoir devenue intarissable se trouvent déjà installés journaux, zines et ouvrages (dont Frédé et Phil reparleront plus tard) :

  • le mensuel Alternative Libertaire, qui nous livre son numéro de rentrée (incluant 6 pages d'historique de Berurier Noir).
  • le périodique Resistances Au Carceral/Pour En Finir Avec Toutes Les Prisons(la relève du désormais mythique CELUI QUI REFUSE D'ETRE UN MAITRE NE SERA JAMAIS TOTALEMENT UN ESCLAVE, toujours un grand cru réalisé par Nick Latol, en soutien à toutes les âmes incarcérées).
  • le luxueux et luxuriant zine musical normand Fear Drop (le 9ème volet, toujours dédié aux musiques électroniques d'avant-garde).
  • le recueil de Eva Visnyei, intitulé "Qu'on pile", paru aux Editions de l'Heure, qui repointent ainsi le bout du nez et rééditeraient peut-être bien (rien que pour les beaux yeux de l'auteur) le "Casque à boulons" de Dish. Affaire à suivre....
  • BANG BANG, le 6ème effort d'une lignée "100% pur PD", réalisé à Genève (le cousin germainE de TAMPIX from BruxHell).

Quant au rayon décibels, vous en aurez plein les tympans avec :

  • le LP "Un peu de souplesse dans les barbelés" (sic !) des très noiz-indus voisins parisiens de Grrzzz. Un vinyle à se procurer en prélude à leur concert zonesque prévu en novembre).
  • les 2 CD et le 12-inch (maxi vinyle) des zallumés londoniens de Brain Of Morbius qui versent pas mal dans les délires musicaux venus d'une autre galaxie et une autodérision certaine.
  • la dernière livraison en date de Tonton Alain de la Place 4, aux goûts musicaux de plus en plus déroutants (tant mieux !).
  • les nouvelles perles de Tamas et son écurie Trottel Recs (Budapest), que notre Jean-Marie a visité cet été. Non content de nous faire découvrir de nouveaux talents d'Europe centrale et de l'est, le bassiste de Trottel nous embarque itou pour des destinations aussi inédites que l'Argentine.



               Avant de vous laisser, voyons un peu ce qu'on vous réserve comme bons gros projets radiophoniques, qu'on a en fait déjà mis en route depuis la mi-septembre. 

               Tentons de faire bref, tout en vous mettant la puce à l'oreille. Tout d'abord,Sans Interdit (hebdo consacré au milieu associatif culturel liégeois) entame sa 4èmesaison avec plein d'idées en tête et passe, pour l'occasion, à 2 heures d'antenne (au lieu d'une seule jusqu'à ce jour). 

               Le programme est toujours diffusé en direct, chaque lundi entre 18 et 20H, sur les ondes d'Equinoxe Fm 100.1. 

               Des invités, des prestations "live" (de musiciens, de chanteurs, de conteurs, de clowns, de poètes et bien d'autres encore), des chroniques, un agenda des manifestations et des musiques de partout se relaient sur le ton de la découverte. 

               Dans la foulée, signalons la création d'une séquence mensuelle exclusivement réservée à la "galaxie ZONE". Chaque 4ème lundi du mois, Frédé animera une tranche d'une heure (en "décrochage" de Sans Interdit), parfois en compagnie d' invités, mais toujours avec de la musique, des infos ou des chroniques propres aux concerts, expos, restos, représentations théâtrales et autres événements qui se dérouleront dans les locaux de la Rue Méan et du Quai de l'Ourthe. 

               L'occasion d'anticiper sur le futur, mais aussi comme le dit Michelle, de revenir sur du "vécu". Cette vitrine s'inscrit par ailleurs dans un cadre plus large de partenariat conclu entre Equinoxe Fm et La Zone, qui sera mis en pratique tout au long de la saison, histoire de se faire mieux connaître mutuellement auprès des audiences respectives. 

               Et, outre cette mise en ondes mensuelle, la programmation de notre club sera également présente sur la bande FM, à travers les émissions de la journée, mais aussi par le biais des programmes de soirée plus spécialisés, voire carrément pointus, musicalement parlant. 

               Dans l'autre sens, on trouvera notamment, à la distro par exemple, une grille horaire et explicative de ces émissions spécialisées, diffusées sur la station basée à Ste-Walburge. 

               À bon auditeur, salut. 

               Xian

17 mars 2002

Distroï News

* Article paru dans le bulletin de la zone (mars 2002) *

Tout d'abord, je tiens à rétablir la vérité suite aux propos diffamatoires relatés dans le dernier bulletin par le dénommé J.M. 

               Non, ce ne sont ni les réveillons, ni la particularité de la nourriture que nous consommons qui ont mis la distro team en déroute et dans l'incapacité de rédiger son fameux billet mensuel. Sont plutôt à mettre en cause notre éternel étonnement face à l'arrivée imminente de la deadline ("c'est pour quand q'on doit rentrer les news ? ... hier ? ! ? Ah bon, ben. ok."), mais aussi le manque de matos distro à kroniker, inversement proportionnel au déferlement de "best of" en grandes surfaces pendant cette damnée période. 

               On espère d'ailleurs que vous n'avez pas claqué trop de blé dans l'achat de ceux-ci, afin d'investir un peu dans le nôtre. N'attendez pas d'être la risée de vos amis pour effectuer le geste qui sauve ! 

               Rejoignez la caste de ceux qui savent pourquoi depuis 10 ans ! Par ailleurs, je voudrais néanmoins tirer un coup d'chapeau au susnommé J.M. pour son redoutable talent d'anti-chroniqueur. Ceux d'entre vous qui le connaissent bien ou qui sont capables de lire entre les lignes auront compris qu'il s'agissait d'une volonté de sa part de ne pas céder à un exercice qu'il trouve souvent stérile. 

               Je ne suis évidemment pas d'accord avec lui (quoique...), sinon, je ne vous causerais pas du dernier Löbe par exemple. Löbe Radiant Dub System, pour être complet, marque avec ce nouveau patronyme un virage franc vers le dub, le groove et même la drum'n'bass. Exit donc les guitares plombées, les climats oppressants et place à la chaleur et à la transe/danse comme pourraient en témoigner ceux qui étaient présents lors de leur concert en nos beaux murs (Löbe Radiant Dub System"Cue2"/After Before-From Belgium With Love). 

               J'appelle maintenant à la barre les spectateurs de la Zone ayant assisté au shooow de nos voisins outre mosans d'Experimental Tropic Blues Band, afin de clamer leur enthousiasme quant à la performance du sympathique trio. Leur blues-punk crade et déglingué en avait fait suer plus d'un. 

               Sur disque, leurs 5 titres sonnent moins bordélique mais, malgré tout, bien primaires. On n'y trouve pas la moindre trace d'électronique ou de quelconques bidouillages sonores mais plutôt l'amour d'une zique crue et viscérale. Et comme ils le rappellent : "copy sucks !" (En français : "c'est très vilain de copier un cd !"). (Experimental Tropic Blues Band "Shopping blues band"/Cd démo). 

               Et tant qu'on est dans le format e.p., restons-y avec les 5 titres des enragés de Brazen. Au programme, un emocore torturé et teinté de métal. Pour ce qui est des nuances, on repassera, mais au niveau efficacité c'est imparable (Brazen "...As floods decrease"/ Snuff Records-Molaire Industries). 

               Bien sûr, si pour vous la vie est une plaisante aventure colorée, je vous conseillerais plutôt de sauter sur le "Tiger" des Germains de Robocop Kraus. Un irrésistible mélange d'emo, de pop, de new-wave avec un swing contagieux et des refrains hyper accrocheurs. Et si ça vous rappelle Monochrome, sachez que c'est la même personne qui est responsable de la production de ces 2 fritz bands (Robocop Kraus "Tiger"/ Day After Records). 

               Voilà qui devrait faire accélérer les pulsations cardiaques de certains d'entre vous. Et peut-être votre palpitant s'emballera-t-il aussi au son du rock nerveux et stylé des ricains de Gogogo Airheart, qui semblent aussi influencés par la soul/r'n'b blanche que par le rock garage ou psyché 60's. Bien passéiste tout ça me direz-vous... et pourtant non ! Pas question d'exhumation mais plutôt de vivre son trip à fond à travers une collection de maxis au son très live (Gogogo Airheart "s/t"/ Gold standard Laboratories-Ideal Weight). 

               Signé Phil. 

               Ami de la Zone, si tu écoutes, peut-être tu lires aussi? 

               Parce qu'arrivage en masse de disques, c'est arrivage de papiers aussi (et il y en a tant que ceci n'est qu'une première partie...). 

               "Espèces et éthique : Darwin : une révolution à venir" de Estiva Reus, David Olivier, James Rachels et Yves Bonnardel (éd. Tahin party, 2001). Depuis la théorie de l'évolution de Darwin, la conception du monde a certainement changé; les pour et les contres ont chacun leur dérive, mais elle n'a pas réellement changé le point de vue de l'humanité sur sa propre place dans son propre monde. L'humain, l'animal, nous, eux, ou tout simplement nous... les articles regroupés ici posent la question et donnent un aperçu de l'évolution de l'antispécisme. Convaincus ou non, je vous pose la question, pour qui se prend-on dans ce bas monde ? 

               Et pour agir en réfléchissant (ouaip) "Days of war, nights of love : crimethink for beginners" réalisé par Crimeth. Inc., Atlanta (éd. Transatlantic Vagabond, 2000). Avec une pétarade d'articles (en anglais donc), de dessins et de photos pour un vrai manuel vivant abondamment à la main : on y trouve kékesè et kékesè pas "CrimethInc." (Trop long à expliquer ici), una bomba à lire et à "utiliser comme un outil, pas seulement pour penser au monde, mais aussi pour le changer". 

               Le lecteur est chaudement invité à se servir des images, des mots, et même des idées, on y fait le tour de l'alphabet : d'anarchy à work en passant par love (alors !), et on est gagnant d'une belle bibliographie et d'un pratique index (pour des infos :www.demonbox.com ceci dit entre nous). De l'info ! De l'info ! avec Schnews Squall yearbook 2001 (éd. Justice, 2001). Les grandes feuilles d'info gratuites et hebdomadaires en anglais de Schnews nous sont connues (réalisées par des bénévoles de Brighton), Squall un peu moins, mais c'est la belle occase. Puisque les voici rassemblées dans ce beau superbe livre illustré de photos (en noir) qui propose en plus un vrai bottin de contacts intéressants. 

               Du zine avec Tranzophobia #8, réalisé par Fabrice et Silvain de Saint-Étienne. Et dedans, des interviews, des chroniques, des articles, des dessins et des photos ; un peu près tout ce qui fait un Zine. Contenu touffffuuu : Seein Red, Boycot, Execradores, Le Tigre, Michael Schenker, tiens-tiens Unhinged, Öpstand, Jean-Louis Costes, La Fraction, Submission Hold, The Ex, et c'est terra. Avant de rendre l'antenne, je tiens à annoncer le retour chez nous de Vegan Nutrition de Gil Kangley: le tiptop si tu veux des livres de chevet de l'alimentation vegan. Empéchée d'aller plus loin, ce sera pour la prochaine (bd, photos, tu verras bien). 

               Signé Frédé. 

               Ce n'est donc plus un secret pour personne : le 2ème album de notre Daniel préféré se trouve bien dans nos bacs ! 

               "Les Bulles" risquent d'ailleurs de nous éclabousser longtemps encore, tant le verbe et la musicalité s'entendent à merveille pour nous transporter en lévitation. Et justement, essayez de ne pas l'éviter, ce disque. Mieux vaut perdre 10 euros qu'un héros. Je préciserai prudemment que ceci est un ressenti personnel, n'incluant nullement l'envoi de gadgets promotionnels de la part de la maison de disques (l'ASBL Danses du Possible a été créée par Daniel en vue d'éditer en priorité, semble-t-il, ses réalisations discographiques, et non pour faire tourner les usines à gosses de l'hémisphère sud). 

               Sinon et en outre, on a reçu un tas d'autres bonnes galettes d'ici et d'ailleurs, allant du grind-core (Ulrike's Dream ep) au mambo (The Whodads cd/lp), en passant par l'emo-core (Time Spent Driving lp), la power-pop (The Nuggets lp), le hard-core (Tragedy lp), le punk-rock (The 1's/Los Bad Mongos split cd), le hard-rock (El Guapo Stuntteam lp), le stone-rock (Rosebud Agency demo cd), la soul et le voodoo-garage (King Khan & His Shrines en compagnie de Reverend Beat-Man, pour un split ep offert en bonus du très coloré zine BD teuton "Monomichalke") ou le surf (The Revelaires lp/cd). Plus de détails dans les prochaines distronews début avril. 

               Signé Xian

17 janvier 2001

Distro News

* Article paru dans le bulletin de la zone (janv. 2001) *

Hellô fréquenteurs/esses (ou non d'ailleurs), 

        Nous venons de vivre au "rez" un véritable raz-de-marée-chaussée, sans que cela ait pour autant été un combi de tous les instants. 

        Alternance "d'ères" de repos (et même parfois de quasi repas) et de troisième bande (sonore) à vitesse illimitée, tel fut le lot des ceusses qui vinrent se planter et s'asseoir dans le décor new look de l'info-shop que vous connaissez si vous empruntez régulièrement le "speed way" qu'est le quai de l'Ourthe. 

        Tiens, à propos de lourdes, ces dernières semaines l'auront été côté envers du décor également (le buro, en clair). Pas de miracle donc, dans le sens où chaque soirée a laissé des traces de freinage sur le parvis de notre repère. 

        Les joyeuses visites de PigzWillToast, American Heritage/Thee Plague of Gentlemen (Xav, le batteur du groupe gantois, est aussi aux commandes des labels From Belgium with Love & Delboy Recs) ou encore Dare Dare Devil nous ont offert quelques surprises vinyliques et laseresques de haute tenue. 

        Non contents de pouvoir s'exercer sur scène, et même en dehors, à des dérapages (in)contrôlés, ces messieurs/dames ont oublié ici, outre leurs propres gaz, d'imposantes cargaisons carburantesques aux noms bien alambiqués : Beach Bitches, Philippé,Lunar, Kraf, Les Commandos Percu, Tarantula Hawk, Blutch, Grinch, les Excités, etc. Bref, rien que des as/sses des as/sses, poètes maudit/es et groupuscules (de) malformés. Du coup, double dose d'effet-rv-essence autour du comptoir et des..."muzak all night long" à répétition. 

        Heureusement qu'à côté de ça, il y a quelqu'un comme François, dont le naturel est sans plomb, pour maintenir le radiateur à basse température et en profiter pour faire chauffer son four Marcel à très haute température, histoire de nous concocter un pain de vie, qui a détrôné le cramique du "Chat Gourmand". Cette friandise, on la mange en toast, nature, avec du fromage, des purées (ti!) végétales, du miel ou du chocolat et on peut même trempouiller le bazar dans une tasse de thé ou de café (Barricade se régale itou - le "trop-plein" du Cochonoux s'écoule vers le centre culturel autonome de la rue Pierreuse). 

        Et finalement, comme ça, on peut rouler réellement bourré/e et, ainsi, faire la nique à une campagne médiatique mobilo-sécuritaire calomnieuse de fin des temps!


        Xian

17 décembre 2000

Distroo

* Article paru dans le bulletin de la zone (déc. 2000) *

Salut, salute, 


        Xian :"Et ben dis donc, encore heureux qu'on a repris un peu plus tard du côté du rez-de-chaussée !". 

        Claire :"Et pourquoi, ça ?" 

        Pat :"Y a juste que ça déborde de partout !" 

        Phil :"Va déjà falloir faire de la place, alors ?" 

        FredE :"Y a pourtant pas trente-six solutions. Si on vient pas nous voir pour écouler les stocks vite fait, on devra se résoudre à fermer la distro. au moins temporairement, pour cause d'encombrement."

        Xian :"Incroyable, plus y a de trucs à découvrir, moins y a d'amateurs qui veulent s'y coller. Vilain paradoxe, quand même !"


        Pas de panique, on n'en est pas encore arrivé à pareille situation, plutôt du genre alarmiste, qu'on aurait pu évoquer lors de la dernière réunion secrète tenue par l'équipe de la distro-superette (qui salue au passage l'arrivée de Claire, une nouvelle caissière bien drôle). 

        Mais bon, pour s'immerger dans le concret, force est de constater que les veillées à la distribution se suivent et ne se ressemblent pas, ne recueillant pas forcément la même audience d'une fois à l'autre. Tantôt littéralement envahi par une foule de distro's et leur caravane de suiveur/euses (lors des concerts punk, par exemple), tantôt quasiment déserté, parce que tout simplement méconnu (lors des concerts proposés par des collectifs "occasionels"), notre étage devrait, apparemment, fournir un effort particulier, pour mieux s'afficher à quelques moments précis... 

        Mais voilà, nous ne nous sentons pas trop l'âme de représentant/es de commerce. Comme il n'est toujours pas question de lancer un appel au bénévolat allant dans ce sens, on essayera de composer avec nos bouts de ficelles. 

        Par contre, l'invitation à venir nous voir est lancée à tout le monde, y compris aux ceusses qui ont du mal à passer le "checkpoint" de ce qu'elles ou ils pensent être un club réservé aux initié/es (on pensait pourtant que, grâce à la porte vitrée, le local y gagnerait en visibilité et donc en accessibilité). Or, passer cette porte ne signifie pas qu'il faut se ruer obligatoirement sur les différents "rayonnages" (presqu'un écart de langage en ce qui me concerne). 

        L'entrée est libre (on n'est pas tenu de "consommer") , tout comme le temps qu'on y passe et la parole qu'on y prend, bien entendu. On peut simplement envisager un passage ici comme une "aération" dans un cadre presqu'enchanteur, grâce aux travaux de rénovation totale orchestrés durant l'été. Et si on est désireux de trouver l'un ou l'autre artifice pour rendre ce passage d'agrément plus confortable encore, on peut demander une ambiance musicale ou feuilleter une publication, en dégustant, le fin du fin, un café ou un thé. Au plaisir de vous y voir ! 


        Cela mis à part, il ne faudrait pas passer sous silence le solide déferlement de disques, livres et fanzines reçus durant les dernières semaines. 

        Petit tour express du "dépositaire" donc... Côté muzak, notre camarade Alain "Nabate" (http://nabate.ctw.net) s'est bien défoulé punk, en nous proposant un plateau séduisant et musicalement varié/politiquement motivé de CD, LP et EP produits ou distribués par le label et provenant de partout :


Counter-Attack, 
Sin Dios, 
Manifesto Jukebox, 
Kevlar, 
Stracony, 
Oi Polloi, 
El Corazon Del Sapo, 
Wasted, 
Sharpeville, 
Fleas & Lice, 
Boycot, 
Visions of War, 
Unhinged 
ou même les premiers Zion Train (à prix d'ami), entre beaucoup d'autres.



        Encore des noms ? Oui. Venus de partout, des paquets de lasers en vrac et sans distingo quant aux styles musicaux (un peu marre de jouer de l'étiquette) : 

Jarbanzo Negro (enfin !), 
Inner terrestrials (encore, avec en plus, une chiée de t & sweat-shirts), 
.Hellectric, 
Joystix, 
Mambassa Blouz Band, 
Doggy Spectra, 
René Binamé (le nouveau) Plus d'infos sur leur site
Ahellagoodbandname, 
Ensemble Kadeleis, 
Supersoft [14-18], 
Bumblebees, 
The Breath of Life. 
Y a aussi, à nouveau, plein de video's de Costes.



        Et tant qu'on en parle, tiens, notre provo préféré a laissé, en dépôt itou, un super petit livre à son sujet, intitulé "Costes, l'art criminel". Nabate, c'est bien connu, est aussi attentif à l'écrit qu'au joué. Du coup, voilà que débarquent les éditions lyonnaisesTahin Party, le sorcier new yorkais Eric Drooker (un artiste de génie), ainsi qu'une série de zines en français und in English. Bel arrivage que celui-là. 

        Signalons enfin les papiers gratis que sont DEVOR-ROCK #47 (10 ans déjà !), AREDJE #50 (aka Binamé news, n'oubliez pas leur site) et LE POLEME #1 (journal de polésie from Paris). 

        RDV dans un autre siècle !

        Xian

17 septembre 2000

Distr'Oï News

* Article paru dans le bulletin de la zone (sept. 2000) *

Outre le nouveau décorum en partie dévoilé dans ce bulletin et les habituels arrivages musicaux (signés Delboy Recs - le nouveau vinyle 3 titres de Hitch vaut le détour -, Fario ou encore !Angrr! pour les plus récents) et la presse parallèle (Green Pepper - zine international en anglais et anti-globalisation, Fear Drop - pour les amateurs de zik bizarre et Annoying Crack - pour les dingues du vélo qui causent l'amerloque), l'actualité post-estivale de notre distro se place sous le signe d'une nouvelle émission radio.

        Quoi, Radio Distr'Oï n'existe plus? Mais si, hein! C'est juste qu'on aime bien ce nouveau moyen d'expression / communication, alors c'était difficile de ne pas répondre à l'invitation de Carton, collègue bénévole (régie lumières) et néanmoins camarade. Il s'agit ici de poursuivre le projet mené depuis le printemps dernier par l'ékip de Sans Interdit (vous savez, l'émission hebdomadaire diffusée en direct chaque mercredi, entre 18 et 20h sur Equinoxe FM 100.1). 

        Nous serons une série de nouvelles voix pour suppléer aux départs de PP et d'Olivier ainsi que la semi-retraite de Henri, Carton restant aux commandes de la mise en ondes. 


        Issues de la mouvance associative du cru, ces petites voix seront sur antenne pour relater les maintes découvertes survenant durant l'exploration des mille trésors dont regorge l'îlôt associatif d'ici et d'ailleurs. Des billets et kroniks à propos de musik, ciné, théâtre, arts plastiks, poésie, littérature, un agenda, des invités, des lectures, de l'imprévu et de la bonne humeur (comme sur les stations où l'on pratik encore l'art de la dédicace) seront de rigueur pour parcourir ce grand terrain d'aventures sur un ton pas trop spécialisé et donc propice à la compréhension générale. En tout cas, c'est ce qu'on espère vraiment. Et ne fût-ce qu'au vu des moments passés sur antenne (mais aussi en dehors) avec Jean-Paul du cercle interculturel "Carlo Levi", Stéphane de la Compagnie des Chemins de Terre (théâtre de rue) ou Laurent, représentant les Collectifs Sans Ticket, ça ne devrait pas faire un pli quant à la masse d'infos et la part de rêve qu'il sera possible de (re)transmettre. 

        Voilà ainsi une expérience bien excitante qui démarre grâce aux contacts noués au fil des rencontres d'Outremeuse à Pierreuse, en passant par le quartier Nord. On espère vous savoir nombreux/ses à l'écoute chaque semaine et recevoir vos avis et suggestions pour réaliser d'autres moments agréables et efficaces en terme de prise de parole.

        À +,

Xian

17 février 2000

Distr'Oï News !

* Article paru dans le bulletin de la Zone (fév. 2000) *

Hello-bonjour à tutti/e! 
        Comme promis le mois passé, voyons un peu voir ce qu'on peut te proposer régulièrement en termes d'infos qui ne te coûtent rien, si ce n'est un brin de curiosité (ce qui est loin d'être un vilain défaut dans le cas qui nous occupe!). 
        Directement à droite en entrant dans la distro, on peut remarquer un meuble (plus très) blanc, dans un style... euh... récup' d'il y a quelques années. On y trouve (et on y amène si possible!) une foultitude d'infos dites parallèles, qui sont rarement (voire jamais) relayées ailleurs, puisque tout simplement pas "rentables". Pourtant, je trouve qu'en la matière, il est bien souvent utile, et même parfois nécessaire de déborder un maximum du cadre de la pensée de plus en plus unique, en grappillant, par exemple, des "bons plans" soi-même. Pour dépasser des a priori et tenter des expériences (même à partir d'idées franchement mal perçues, car jugées hors normes), plutôt que les subir. Pour créer et faire vivre des alternatives concrètes aux différents domaines du système dans lesquels on est respectivement impliqué/e. 
        "Et vas-y que j'te balance une bonne rafale de clichés bétonnés, mon lapinou!". J'en conviens, certes! Mais alors, reconnais que la manière de s'informer (au-delà de se tenir au courant passivement, c'est surtout découvrir et apprendre activement) est primordiale quant au type de comportement que tu adoptes "en société". Blazé-kaput ou curieux-énergik? 
        Quoi qu'il en soit, tu pourras capter, lors de ta prochaine visite, de l'info au sujet de politik, social, écologik, culturel, économik, sanitaire, etc.,... sous la forme de tracts, revues, fanzines, journaux, magazines, brochures et autres feuillets, causant de manifs, débats, expos, spectacles théâtraux et musicaux, de drogues (il)licites, de réunions, de radios, de labels, de distributions, d'environnement, de chômeurs, de prisonniers, de gays, de lesbiennes, d'agriculture, de botanique, d'OGM, de sans-papiers, de livres, de disques, de cassettes, de groupes de soutien, de lieux associatifs... 
        Et si t'as envie d'approfondir la question, il y a bien sûr notre émisson mensuelle, RADIO DISTR'OÏ, qui aura lieu le DIMANCHE 6 FÉVRIER, entre 20 et 22 h, sur EQUINOXE FM 100.1. 

A+,
XIAN

17 janvier 2000

Distr'Oï News !

* Article paru dans le bulletin de la zone (janv. 2000) *

Salut zà toi/e, Ami/e!

        Qu'il est bien agréable, quand on est soi-même un endurci partisan du moindre effort, de saisir l'occasion de ne pas se fouler, sous prétexte d'offrir une tranche de parole aux zautres! C'est un peu comme ça qu'on peut voir les choses dans le cas présent à la Distr'oï oú on ne manque pourtant pas d'élan & d'intérêt des deux côtés de nos belles tables colorées (je veux dire pour nous qui la gérons et pour vous qui la digérez de mieux zen plus).

        Dans cette colonne, tu pourras en effet prendre connaissance des derniers rebondissements de la vie trépidante de notre info-shop de campagne, après t'être bénéfikement tenu/e au courant de ce qui se trame chez nos collègues et néanmoins amis du centre culturel Barricade, qui négocie pour l'instant un virage important dans son parcours déjà bien chargé, et à la boutik Vinyllicit' qui a connu ces deux derniers mois un démarrage canon, dont il était déjà question dans nos potins du mois passé.

        Sur le chemin du retour vers notre bonne Distr'oï mettons-nous d'abord en route pour ce bô bâtiment du 19-21 de la rue Pierreuse, avec Pierre dit "de Barricade" : 

        Voilà plus de trois ans maintenant que Barricade et Entre-Temps animent la vie politique, culturelle et sociale liégeoise. Des conférences, des rencontres, des concerts, des stands de livres, l'accueil de réunions et d'associations militantes, la participation à des collectifs (Argent fou, ATTAC, comité de quartier, antifascisme, défense du droit d'asile, Groupe de réflexion et d'action sur la fête, Carrefour de luttes,...), des moments de vie (repas communs, ciné-clubs, voyages), la défense d'éditions alternatives,... et maintenant, la mise en place d'un groupe d'achat de produits biologiques.

        Foyer de contestations et d'utopies, le centre culturel Barricade et sa librairie Entre-Temps ne bénéficient jusqu'ici d'aucun subside officiel. Notre survie financière est donc liée aux rentrées du bar, de la librairie et aux soutiens des "Barricadeurs". Si le bar a été une activité économique importante pour Barricade durant nos premières années de vie, il n'en reste pas moins épuisant, lourd à porter pour une petite équipe de bénévoles et pas toujours fort enrichissant - culturellement et politiquement parlant.

        C'est pourquoi, l'équipe de Barricade tente depuis quelques mois de réorienter le projet autour de la librairie Entre-Temps. Des travaux sont en cours de finition pour améliorer la luminosité de la salle de lecture, de nouvelles vitrines seront bientôt installées, une campagne de promotion de notre librairie alternative se prépare, et de nouveaux livres garnissent nos rayons. 

        Toutefois, axer la survie financière du projet sur les rentrées du livre plutôt que sur celles des boissons est un pari risqué. Les marges bénéficiaires que nous laissent les éditeurs sont bien moins importantes que celles des brasseurs, il faut bien le dire, et la concurrence des grandes surfaces du livre (FNAC, Internet, Makro et autres complexes commerciaux) est rude.

        Pari risqué, mais pari enthousiasmant : remettre le livre au centre du projet est une volonté de l'équipe actuelle, et la dynamique est là. De plus, nos trois années d'expérience en librairie font que cette réorientation ne part pas de zéro. Les commandes de livres neufs (dans tous les domaines) sont satisfaites de plus en plus rapidement : chaque semaine nous faisons le tour des diffuseurs d'exclusivité en Belgique et nous arrivons à répondre à des commandes précises le plus souvent endéans les 8 jours, parfois le jour même! Quant aux livres d'occasions, vous êtes nombreux à nous aider fréquemment à remplir nos rayons par des dons ou des dépôts.

        Ce pari de recentrage, c'est avec vous que nous devons le tenter, vous qui soutenez déjà Barricade, vous qui venez y commander vos livres, vous qui savez que ce choix "militant" permet à un projet alternatif de vivre, vous qui aimez lire tout simplement.

        Vous pouvez donc nous aider, que ce soit en offrant des livres achetés chez nous (pour les fêtes par exemple), en faisant connaître la librairie autour de vous, parmi vos amis, dans votre milieu de travail ou d'activités, dans l'école de vos enfants - qui a sans doute une bibliothèque et qui commande peut-être de temps en temps de nouveaux ouvrages -, en nous apportant des ouvrages dont vous êtes prêts à vous séparer, ou en continuant tout simplement à passer nous dire un petit bonjour au milieu de nos rayons.

        Plus que jamais, Barricade et Entre-Temps ont besoin de ces soutiens et de ces encouragements qui font que depuis plus de trois ans, notre projet tient le coup et que notre équipe conserve son enthousiasme originel.

        En attendant de vous retrouver dans l'ambiance de Barricade, et avec nos salutations les plus livresques et militantes,

        Pour la librairie Entre-Temps et le centre culturel Barricade,

        Pierre HELDENBERGH

Contact : Centre Culturel Barricade, rue Pierreuse 19-21, 4000 Liège.
www.barricade.be


        Maintenant direction quartier Cathédrale et crochet par le 2c de la rue du Rèwe oú Pascal, parmi d'autres sympathisant/es, s'arrête régulièrement pour s'imprégner de muzik urbaine...

        Peut-être n'étiez-vous pas à la criée sonore du 28 november, rue du Rèwe, lors de l'ouverture de Vinyllicit' (merci à Vincent et Xavier pour leur tirage limited de Calbut Record of the Performance). Tant pis pour ceux...

        Comme nous en parlions déjà il y a peu, l'a.s.b.l. Flat Beat y a installé son centre nerveux oú vous pourriez trouver votre bonheur parmi l'imposante distribution et les souvenirs en vinyl/CD. L'endroit est aussi ouvert, dans un esprit pluridisciplinaire, à vous, artistes de tous genres (happenings, expos, expressions,...).

        N'ayez crainte, JF, Bob & Co vous y accueilleront comme ils se le doivent.


        Et donc, du côté Distr'oï de la force, je vous disais que le schmilblik évolue également. C'est ainsi, par exemple, que fin novembre, dans la livraison mensuelle du journal "Alternative Libertaire", figurait le catalogue de VPC de Publico, la librairie du Monde Libertaire (alter ego hexagonal de l'"Alternative" de chez nous). Un catalogue thématik riche de plusieurs milliers de titres, abordant une variété de sujets allant de l'anarchisme au syndicalisme, en passant par l'anticipation, l'immigration, les media, l'éducation, les religions ou le roman noir... Plus de 40 rubriques dont on ne peut vous citer l'intégralité, mais que vous aurez bientôt sous les yeux pour passer commande, si ça vous chante! C'est pas trop cher la plupart du temps (beaucoup de Librio, Esprit Frappeur ou Mille et Une Nuits à 70 bef). Voilà donc un outil de "travail" bien précieux pour la Distr'oï et Entre-Temps (la librairie de Barricade), qui vont de ce fait relancer concrètement un partenariat démarré il y a deux ans. Et ce n'est pas tout, puisque les Editions d'AL (Alternative Libertaire) & du ML (Monde Libertaire) cette fois, nous promettent également un catalogue d'une cinquantaine de références communes. Affaire à suivre donc!

        A part ça et bien, d'autres écrits nous sont parvenus ces derniers temps, comme le numéro 25 de la revue toulousaine "Infosuds" (à gauche toutes!) au sommaire de laquelle on retrouve des sujets brûlants comme les luttes des sans-papiers, anti-OGM & nucléaire, mais aussi la situation au Pays Basque, au Maghreb, sans oublier les violences policières et la non-mixité. C'est donc plein de news de partout en France et ailleurs, le tout bien présenté et pas cher puisqu'à prix libre. "Mondialisons la solidarité" nous lance l'édito.

        Dans un tout autre registre, le fanzine Devor Rock (actualité rock, cinoche et BD) en est, quant à lui, à sa 43e parution. Plein de bô monde au programme (on approche du 10e annif!) : interviews avec Neurosis, Lillian Gish, De Portables, Dionysos, Sleeppers, Venus, Tue-loup & many more. "On the Roxs", la chronik habituelle de Marceau, rehaussée par une interview de F. Ozon & N. Régnier pour le film "Les Amants Maléfiks", la chronik BD de Frédéric (interview avec Zed) et encore plein d'autres musikalités dont les traditionnels agenda et catalogue de VPC (de retour). On peut retirer Devor Rock chez nous gratuitement, mais on peut toujours s'abonner (venez nous voir pour les conditions plus qu'avantageuses).

        On pourrait peut-être en causer autour d'une petite boisson chaude, genre une soupe, un kawa ou un thé, tout en grignotant un biscuit. Je dis ça simplement parce que c'est l'hiver et que c'est bien de boire un truc qui nourrit le corps et l'esprit, comme on le fait depuis le mois passé. Il suffit de se servir soi-même et de donner à Cochonoux quelques petites pièces, juste pour dire qu'on a envie que ça puisse continuer le mieux et le plus longtemps possible.

        Quelques brèves infos encore : 

  1. Décalage d'une semaine pour notre émission radio! Exceptionnellement, nous serons à l'antenne le 2e dimanche de janvier et non le 1er comme de coutume. En clair, RDV le 9 janvier prochain dans Kool Strings, entre 20 & 22h, sur Equinoxe FM 100.1!

  2. Quelques nouveautés "laser" reçues durant ces dernières semaines et à découvrir aux concerts ou dans le poste : 

    • Claudine Denis & Véronique Delmelle (zik avant-gardiste très personnelle)

    • Blutch (pour les fans des Melvins)

    • Les Slugs (réédition des deux premiers LP's & surprises)

    • Mo-e (le trio béarnais vu lors du Noisy T. Muzik Circus)

    • Cower (sous influences Melvins-Cavity-Neurosis, l'ancien groupe de Xav, le batteur des Buckweeds)

    • Hitch (entre Quetzal et Portobello Bones)

    • Löbe (dub expérimental à revoir bientôt à la Zone?)

    • "Strings and stings, a 100% guitar compilation" (compilation ambient à base de guitares, feat. Justin K. Broadrick, Thurston Moore, Noël Akchoté, Fragile,...)

        Voilà tout pour cette fois-ci. Rendez-vous le mois prochain avec notamment un aperçu des infos qu'on tient à votre disposition gratis pro deo, juste contre votre curiosité! 

A +,

Xian

17 mars 2009

Kronik : P'tit Marc et Kontagion

* Chronique parue dans le bulletin de la Zone (n°174 - mars 2009)

On décolle sans plus tarder avec le Rocket to Liège de P'tit Marc qui accouche littéralement (voir la couverture) d'un nouveau "tome" de cette série. Au programme, conjugaison du verbe "looser" (=perdre en langage jeune et/ou branché) à tous les temps et à toutes les personnes bien qu'il y ait une nette prédominance de la première. Hé oui! Pauvre Marc dont la vie semble être une suite d'errances à travers les bars, vernissages ou dans des lieux plus communs (administration, école, rue) voire chez lui en solo. Sans doute trop lucide pour être vraiment heureux, il collectionne les rateaux et les revers de médaille. Bref, il ne semble jamais être the right man in the right place. Sinistre tableau me direz-vous ? Sauf qu'heureusement Marc épice tout ça d'un humour noir ainsi que d'une certaine cocasserie mèlée à une absence totale de pudeur qui finissent par rendre tout ça hilarant. Le plus savoureux étant de reconnaître certains lieux et figures locales au détour de ces mini "histoires" (P'tit Marc "Rocket to Liège VI")

Après cette sympathique entrée en la matière, poursuivons donc avec un de mes zines bd préférés aux côtés de Speedball et My Way, j'ai nommé Kontagion "le fanzine du chaos optik". Bon nombre d'allumés et/ou d'activistes se retrouvent une fois de plus au sommaire, à commencer par notre local hero Dish et sa délirante histoire de supérette dans l'espace ressemblant étrangement à une épicerie située trop près de la Zone, en plus gros et plus cosmiques donc. Qui d'autre ? Les Krokage qui, lors d'une pioche miraculeuse dans les encombrants, font main basse sur une pile de comics gore abandonnés par quelque étourdi. Nos héros ne tarderont pas à se rendre compte des effets secondaires de ce genre de lecture, surtout lorsque celle-ci est accompagnée de forte picole, joints et junk-food de rigueur. Aaah si on les avait prévenus ! Peut-être se seraient-ils mis au funk comme semble le préconiser Bootzila the Bassman qui n'est autre que le héros de Fred Mercier, maître du groove toujours à l'écoute de la moindre vibration sonore et qui a fort à faire avec une bande de punks maltraitant ses tympans depuis leur club mal famé. S'ensuivra une bataille sans merci de riffs cinglants et de slaps qui tuent qui n'est pas sans rappeler la grande époque de Metal Hurlant (revue culte de bd SF, fantastiques et décalées), la dérision en prime. Un petit dernier exemple pour illustrer le zine, Gomé l'impayable et ses anti-héros cons mais sympathiques et si expressifs qui nous font plier en quatre avec une histoire de truc paumé qu'on retrouvera (ou pas) sans que cela n'ait trop d'importance. On citera aussi Toma Sickart, JB, Birdy, Souris, K-Mi & Slo, etc, etc... (Kontagion 10)

www.ptitmarc.be
www.kontagion.fr

1 juin 2009

Kronik : spécial C-Drik et le label Syrphe

* Chronique parue dans le bulletin de la Zone (n°177 - juin 2009) *

Pour ce mois-ci, retour à la musique avec quelques plaques laissées par Cédrik Fermont aka C-Drik lors d'une rencontre radiophonique dans l'émission Sans Interdit sur 48FM. Non content d'être impliqué dans des tas de projets différents et de parcourir seul ou avec ceux-ci les 4 coins du globz, l'homme possède également son studio et son label Syrphe. C'est donc quelques unes des sorties dudit label que nous allons parcourir, en commençant par la suite de la compilation "Beyond ignorance and borders" qui explorait l'ambient, l'électro, la noise, l'expérimental et ce genre de choses. Mais alors que la première ouvrait nos oreilles interloquées sur des artistes issus du Moyen-Orient, de l'Asie et de l'Afrique, sa successeuse va plus loin encore, englobant en plus l'Europe (y compris de l'Est) et l'Amérique (Nord et Sud). On obtient donc la compil la plus internationale à ma connaissance qui nous emmène d'Iran (Nyctallyz) à l'Equateur (Industria Masoquista) en passant par le Luxembourg (Switchonoff), la Suisse (Dave Philipps), Singapour (Mindfuckingboy) ou encore la Bulgarie (Gokkun). Un périple pour les oreilles averties en 20 titres tentant de casser les clichés et les idées reçues tout comme les frontières géographiques ou autres qui nous empêchent d'aller voir au-delà (Pangea Noise "An International compilation" /Syrphe).

Sur cette compil on trouve Aluviana de Slovénie auquel s'est joint C-Drik pour nous concocter un cocktail indus/dark ambient avec une larme d'électro-acoustique. Une métaphore alimentaire suggérée par la notice amusante du livret qui ne doit pas occulter la qualité et le soin apportés à cette production. Les paysages sonores de ce "Moje celo" sont traversés par quelques voix, cordes, embryons rythmiques ou autres effets sonores jouant astucieusement sur les reliefs et la spacialisation et créant une sorte de cinéma pour l'oreille pour tous ceux et celles qui sont prêts à s'y immerger (C-Drik/Aluviana "Moje celo" /Syrphe).

Un pas de plus en avant vers l'abstraction et l'on rejoint les perceptions dérangeantes de The Klank of Crno Migs, la suite d'un des tout premiers de C-Drik fondés en 89 sous forme d'un duo noise indus expérimental appelé à l'origine Crno Klank. Ici C-Drik, seul membre restant, s'est associé aux musiciens israéliens de Seventeen Migs of Spring ainsi qu'au russe Stephan Friedman de Silence & Strength pour produire 9 plages minimalistes où se croisent les drones, l'électro-acoustique et les improvisations. C'est probablement la moins accessible des sorties que l'on vous présente ici mais elle ravira sans doute les amateurs de la revue Feardrop ou de labels comme Idiosyncratics pour prendre un exemple "à portée de main" (The Klank of Crno Migs "Disturbing perceptions" /Syrphe).

Carrément à l'opposé de cette démarche on trouve Marc Chia de Singapour, aka One Man Nation, avec la seule pièce du catalogue à laquelle C-Drik n'a pas participé et qui est dédiée à tous ceux et celles qui ont perdu un(e) proche dans les atrocités de la guerre. Un album qui s'ouvre sur une electronica subtile et mélancolique, parsemée de sonorités jazzy et ensuite projetée dans l'espace avant d'atterir sur un tapis de trombones funèbres et disloqués qui évoquent la période de transition de Matt Eliott lorsqu'il laissa tomber l'alias Third Eye Foundation pour évoluer vers d'autres horizons plus acoustiques. Dommage qu'à partie du quatrième titre on s'oriente vers des choses plus courues avec des guitares acoustiques et un côté plus "gentil" que réellement touchant, même si le morceau final efface cette impression avec un réquisitoire anti-guerre déchirant sur fond de dark electronica (On Man Nation "Rained and it rained... bullets it rained" /Syrphe).

Et puis on attaque la pièce de résistance présentée sous forme de voyages à travers le temps et l'espace avec aux commandes Capitaine C-Drik et le trio japonais de Contagious Orgasm qui nous font naviguer entre samples de musique classique, ambient, noise, indus et musique traditionnelle/ethnique. Difficile de ne pas être emporté par le côté tribal immanquablement créé par ces deux derniers courants comme sur le trippant "Darkness digivice", plage ebm atmosphérique carrément cosmique et longue de 10 minutes. Prenez place à bord et laissez vous contaminer par le virus orgasmique belgo-asiatique, moins dangereux mais plus hallucinant qu'une poussée de fièvre jaune (Contagious Orgasm & C-Drik "Journeys into space and time" /Syrphe).

En enfin last but not least, on termine avec le mini cd 5 titres de C-Drik en solo sous le pseudo Kirdec. Un petit objet au format 3 pouces (format pour lequel certains lecteurs cd étaient à l'époque munis d'un adaptateur) rempli de bonnes sonorités electro-indus, dub/dubstep avec également quelques accélérations breakées. Le premier morceau évoque immanquablement Mimetic, dont on vous a déjà parlé en son temps dans ces colonnes, avec cette voix filtrée et traitée par les effets. L'ensemble est excellent et assez varié, rempli d'une atmosphère claustrophobique à souhait et traversé par une foule de sonorités qui titilleront vos oreilles exigeantes (Kirdec " Das Gemeinsame schicksal" /Syrphe).

Voilà, sachez que ces pièces ne sont disponibles à la distro qu'en quantité très limitée, 2 ou 3 exemplaires maximum mais à des prix fracassés. Toutefois, il est toujours possible d'en recommander si parmi vous certain(e) étaient intéressé(e)s. Et si vous vouliez davantage de précisions au sujet des productions du label, rendez-vous sur www.syrphe.com.

17 février 2007

Chronique : High Tone, Zenzile

* Article paru dans le bulletin de la zone (fév. 2007) *

Avant de replonger tête la première dans nos beaux bacs rouges pleins de beaux disques, livres, fanzines,... une ou deux petites choses à préciser. 

         Notre distro ne prend en général qu'un nombre réduit de copies de chaque " article " ce qui peut expliquer qu'entre le moment où vous lisez une chronique d'un disque, zine,... qui vous plaît et celui où vous décidez de l'acheter dans notre distro, il soit déjà malheureusement épuisé. 

         Qu'à cela ne tienne, il nous est souvent possible de repasser commande au déposant pour en obtenir d'autres exemplaires. Il ne tient donc qu'à vous de nous le demander et avec un peu de patience et de chance (certaines fois cela est impossible) vous obtiendrez l'objet de vos rêves. Et si vous êtes plusieurs à vouloir dégoter le même article, c'est encore mieux car ça permet souvent d'obtenir des prix plus avantageux. Quant aux plus pressés, ils peuvent directement aller surfer sur le site du groupe. 

         Ceci étant dit, flash-back sur le chaleureux concert de High Tone où vous étiez nombreu(x)ses à onduler sur les rythmes électro-dub des lyonnais qui ont cartonné devant une salle comble. On ne pouvait laisser passer l'occasion de choper quelques pièces au passage. D'abord " Bass temperature " qui reprend trois anciens maxis du groupe sortis entre 98 et 2001 
(High Tone " Bass temperature "/Jarring FX). 

         Ensuite " Acid Dub Nucléik " en 2002 où le dub commence à se teinter de jungle ou d'autres expérimentations et nous file des fourmis dans les jambes (High Tone " ADN "/Jarring FX). Et on ne s'arrête pas là avec le " Re-processed #1 " où les compos de High Tone sont déconstruites, démantibulées, reconstruites et remixées par toute une clique avertie où l'on trouve des gens comme HybridSoundSystem, Le Peuple De L'Herbe, Interlope, ... Electro, hip hop, indus, jungle, drum & bass ; à chacun sa manière tant qu'on fait preuve d'inventivité mais attention, on boucle la ceinture à partir de la seconde moitié de l'album où l'on ne descend plus en dessous de 160 bpm. Vivement déconseillé aux puristes de la " lenteur dub ", tous les autres peuvent sauter dessus mais pas à pieds joints ! 
(High Tone " Reprocessed #1 "/Jarring FX). 

         On essaiera d'amadouer les dits puristes avec peut-être la plus belle des plaques laissées par les lyonnais, un split cd réalisé en compagnie des angevins de Zenzile. La chaleur et le côté plus roots de ces derniers font bon ménage avec le traitement électro, les samples et les effets de studio injectés par High Tone. Une belle réussite qui n'a rien à envier aux grandes pointures dub 
(Zentone " Zenzile meets High Tone "/Jarring FX/www.hightone.org). 

         Et sur ce, on se dit au revoir et à bientôt au rez-de-chaussée pour écouter et reparler de tout ça.

22 janvier 2013

Purée Noire n°11 (Revue + CD)

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Purée Noire #11

Illustrations + CD (electro) 18 titres + vidéos - 10,00 €

Avec : Lilea Narrative, La Confédération du Bricolage, Gherrak, Swinging Skeletor, Rimaki, Elvis vs My Computer, Princesse Rotative.

22 janvier 2013

Archipelagos (Compile)

Cover_Archipelagos

Archipelagos
Indie rock - BE

CD 8 titres, 2010. 5,00€
Honest House (HH07)

1. Traffico
2. Taïfun
3. Volt Voice
4. Casse Brique
5. Coyote
6. Foxes in Boxes
7. El Dinah
8. Frank Shinobi

17 septembre 2006

Kronik

* Article paru dans le bulletin de la Zone (sept. 2006) * 

Hello vous toutes et tous ! 

         Bien profité des vacances ? Prêts à replonger dans les bacs orange à la recherche du disque ou du livre qui va titiller vos neurones ? Comme c'est la rentrée, on va démarrer léger avec une petite sélection de cd. 

         Le premier nous avait été déposé lors de L'Audiotraumatour en avril dernier quand notre salle avait accueilli ces activistes alsaciens de la scène electro-indus pour une soirée qui avait fait grand bruit même si vous n'étiez pas assez nombreux à l'entendre. Sonic Area c'est le nom du projet du co-fondateur du label Audiotrauma qui nous plonge dans une electro assez variée alternant lourdeur et légèreté, grisaille et ambiance plus aérienne à l'aide d'un sampler et d'une boîte à rythme. Le résultat est vivant, pas du tout figé et riche en ambiances cinématographiques. Scorn, Autechre, Skinny Puppy, Imminent, David Lynch voilà quelques-unes des références de Sonic Area qui devraient vous aider à mieux cerner la chose. Vivement recommandé aux amateurs d'electro-indus relativement tempérée (Sonic Area"Insensé" / Audiotrauma / www.audiotrauma.org). 

         Et on passe à quelque chose de tout à fait différent avec nos amis flamoutches de Rencontrez l'Amour (vus à la Zone et au Carlo), un très chouette quatuor instrumental à fond dans le surf rock mais qui évite de ressasser les clichés du genre là où d'autres s'en contenteraient. Eux n'hésitent pas à descendre de leur planche histoire de puiser des influences à gauche et à droite, dans la noise mais aussi (et principalement) le punk, ce qui les fait parfois sonner comme les Dead Kennedys à la plage mais sans Biafra of course. On sent que leur passé dans des groupes de différents styles (punk, grunge, death) leur a ouvert l'esprit au point qu'on a même droit à un final assez expérimental ambiance spatiale et tout et tout. Si on les laissait faire ils s'adonneraient même au post-rock les bougres (Rencontrez l'Amour "Born of punk and reverb" / Emma records / www.rencontrezlamour.be). 

         Post-rock, voilà une étiquette que l'on pourrait coller aux Américains d'Ostinato venus visiter notre salle en mai dernier, mais ce serait facile et réducteur car leur musique balaie un spectre bien plus large. Psyché, noise, majestueuse et planante mais pouvant aussi s'emballer dans des accélérations et des envolées épiques, elle est l'œuvre d'un trio capable de varier les ambiances sur cet album 7 titres au son très ample, riche en réverb et en écho qui vous aideront à échapper à la gravité terrestre... Je ne vous cache pas que je craque complètement pour ces atmosphères spatiales qu'ils savent si bien installer. Ce sera d'ailleurs mon coup de cœur de cette rubrique ! (Ostinato "Chasing the form" / Exile on Mainstream records/ www.ostinatoproject.com)  

         Et c'est déjà tout pour ce mois-ci . 

         On se retrouve au rez-de-chaussée pour zieuter et écouter ça ?

1 septembre 2007

Chronique : Year of No Light, Marvin, Miss Alex and the Red Orchestra,

* Chronique parue dans le bulletin de la zone (sept. 2007) *

Après des vacances bien méritées aux îles Galapagos, il me fallut moi aussi doucement revenir à la réalité. Des milliers de paires d'yeux hagards et de mains moites réclamaient des distronews et mon devoir n'était autre que de leur en donner. Finie donc la fête et les barbecues ensoleillés bien arrosés à l'alcool local dont le nom m'échappe à l'instant et place à l'actualité distroï'ante de cette rentrée 2007.

On commence directos avec le maître achat du mois qui nous vient de Bordeaux et ce ne sont pas des rigolos. Year of No Light, rien que le nom c'est tout un programme. Quelques titres ? " L'angoisse du veilleur de nuit les soirs d'alarme à accident " (sic), " Par économie pendant la crise on éteint la lumière au bout du tunnel " (resic),... Tout ça prêterait à sourire tellement ça semble cliché et dépourvu de second degré, mais ce serait dommage de ne pas dépasser ces a priori car on passerait alors à côté d'un grand groupe. Parce que dès les premières notes, on sent qu'on a affaire à du solide. L'atmosphère est souvent plombée par une rythmique bien lourde contrebalancée par des guitares mélodiques ou quelques claviers aériens. On passe d'une ambiance très dure, très intense à des climats beaucoup plus sereins et planants. Quant au chant, il est hurlé (façon screamo-core) et mixé légèrement en arrière. Et si j'en parle, ce n'est pas juste pour vous donner des précisions techniques dispensables mais pour souligner l'importance de ce détail. En effet, combien de groupes " screamo " ou autres sont inécoutables à force de mettre une voix hurlée constamment en avant. Ici, la production se montre plus fine à cet égard et on a droit à une très bonne plaque à la fois brutale et mélodique, lourde et planante, rageuse et introspective. Vous m'en direz des nouvelles. (YEAR OF NO LIGHT  Nord "/Radarswarmyearofnolight.free.fr)

 

On passe à quelque chose de nettement plus sautillant et gai avec Marvin. Ici, contrairement à ce que chantait le soulman décédé, la guérison ne passe pas par le sexe mais par la noise, ce qui s'avère aussi jouissif comme traitement surtout au vu de la claviériste infirmière euh... mais je sens que je m'égare là. Revenons au trio de Montpellier qui pratique une noise instrumentale dynamique et déjantée pleine de rebondissements à base de guitare, batterie et d'un bon vieux Korg avec vocoder. Vocoder ? Mais oui vous savez ce bidule qui vous fait une voix de Martien et la fait chanter à l'unisson avec le clavier. Un clavier qui produit tantôt des sons qu'on croirait issus d'une guimbarde, tantôt des bonnes grosses basses. Et la sauce prend sans problèmes, fourmis dans les jambes et danse robotico-frénétique assurées à l'écoute de ce disque et à la vision du groupe sur scène. Avec toute l'équipe distro, nous nous y engageons ! (MARVIN " s/t "www.myspace.com/marvinband)

Rayon nouveautés toujours, mais au prix d'une occase, ce sont Miss Alex White & The Red Orchestra. Un quatuor mené de main de maîtresse par une petite chanteuse guitariste aux boucles rousses à qui on ne la fait pas et qui possède un registre vocal qui va de Nico à Siouxsie (à ses débuts) pour faire court. Derrière elle, le trio habituel (basse, batterie, guitare) assure un rock assez classique, garage avec une énergie bien dosée. Si vous allez voir le groupe en concert, essayez de vous pointer à l'heure parce que leurs lives dépassent rarement 30 à 45 min ! Et oui, ils vont droit à l'essentiel. (MISS ALEX WHITE & THE RED ORCHESTRA " s/t "/In the red/www.myspace.com/missalexwhitetheredorchestra)

Et l'essentiel de la musique c'est à la distro que vous le retrouvez, on vous attend donc de pied ferme à chaque concert derrière les bacs oranges. Au plaisir !

Phildistro

17 mai 2002

Distro News

* Article paru dans le bulletin de la zone (mai 2002) *

Une fois n'est pas coutume, un peu d'humour noir, très "british" finalement, pour démarrer ces news. 

               Car si cette bonne vieille toupie couronnée avait placé la barre très haut en se propulsant jusqu'à la case 101, sachez déjà qu'elle fait (ou plutôt faisait) figure de petite jeune en comparaison du 108 affiché dans le coin supérieur droit de la couverture de ce sacro-saint bulletin zonesque. Pire que ça, elle est en train de se faire doubler par des camarades de la presse rock francophone gratuite! 

               Petite revue express chez les amigos avant de passer aux nouveautés tombées, sans se casser le col du fémur, dans les flights rouge vif de la Distr'Oï. 

               Joyeux annif à Rock'n'Gaume, mensuel édité par Losange Fondation, qui fêtait en février dernier son 100ème volet. 

               Dans son n° 101, le zine du Sud-Luxembourg fait la part belle aux "Nuits de l'Entrepôt" (ces 26 & 27 avril). Normal puisque Losange en est la cheville ouvrière. Ce zine à dimension trans-régionale (Belgique, Grand-duché, France) est aujourd'hui disponible dans toutes ces contrées et même bien au-delà, à la Zone par exemple. 

               Un peu à la traîne, il y a la 79ème parution de Rif Raf, version francophone, petite soeur de son homologue anversoise. 

               On en oublierait presque Mofo et c'est dommage parce que le plus vieux gratuit en francophonie devrait taper par delà les 100 numŽros à l'heure qu'il est... RIP ou pas RIP? Les rubriques humoristiques comme "Croyez-le si vous le voulez" me manquent terriblement. Un enterrement au conditionnel que celui-ci donc... 

               Par contre, nous saluons une renaissance, à savoir celle de Devor-Rock, qui repart au chiffre 51, après une éclipse de presqu'un an. Il va falloir mettre les gaz toutes voiles dehors pour le zine serésien qu'on peut se procurer soit gratis, soit sur abonnement un peu partout en Wallonie & Bruxelles (les MCFB, les "bons disquaires", les lieux de concerts, etc...). Plus que 50 bouclages, chers Gene, Didier & les enfants! Si je compte bien, ça fait 10 ans à tenir, c'est à dire la longévité actuelle de notre bimestriel préféré... Allez les filles! 

               And last, but not least, parlons un peu de notre jeunesse rock'n'roll qui paraît bien se porter du côté d'Andenne, à en croire le 4ème de couverture du Bear Rock'Zine(n° 21/ avril 2002), où l'on peut voir, en pleine action, un Mexicain basané et probablement andennais, allongé verticalement sur un "t'as bourré" (ou quoi?), mais le sombrero sur le nez (et même sur la tronche) en guise, en guise (encore autant de fois que l'on peut tenir la note) de parasol (moi je suis sûr que c'est pas au parasol qu'il a carburé, ou alors au parasol-téquila). Qu'à cela ne (mal de) tiesse, voilà une épicerie (lisez le Hangar) où fervent-es Mosan-es se retrouvent pour fêter le rock'n'roll, le carnaval et les groupes de passage, avec un sens aigu de l'action directe! Une sorte de Pit's-sur-Meuse pour celles et ceux qui voudront bien comprendre... Zine & autres infos inhérentes au Hangar Bear Rock Festival disponibles à l'oeil (nu et plus tard). 

               Pour résumer en quelques lignes les diverses offrandes à DS distro, pointons tout d'abord le plus chaud : tout juste sorti de pressage, le 2ème CD des Montois Janet Adkins. Intitulé "In a dream" et paru sur le label bruxellois Magnet Records. Quant àHaymarket Riot & American Heritage, vus début avril itou, il faudra patienter un peu et revoir Xa4 de Delboy Recs pour en obtenir les nouvelles galettes bien épicées. 

               Pour rester dans le même genre d'ambiance musicale, PMA Active Groupe (section distribution) nous donne notamment l'occasion de découvrir, à travers un dernier dépôt partagé entre lasers et vinyles, quelques jeunes labels germains et cousins à la fois : Nova Recordings (qui héberge Oliver Twist, entre autres), The Company With The Golden Arm (Milemarker & Co), Earthwatersky Connections (Yage, etc,...) ouRockstar Records (For The Day, vu le 12 avril dernier). 

               Du beau linge et même plus à écouter attentivement. Et, tant qu'on est sur la rive rock, on y reste, en compagnie de la vieille garde ou la grosse artillerie, c'est comme on veut : MC5 (live, inédits,...), Dripping Lips (feat. Brian James), Dodge Main (feat. Wayne Kramer & Deniz Tek). Des lasers déposés par Tonton Alain qui n'est pas resté coincé "60's/70's ou 80's" via ces productions laser du label californienAlive Records, puisqu'il nous fait aussi visiter la scène punk/HC DIY actuelle, grâce aux plaques des sémillants Born Dead Icons (LP), Fleas&Lice (new LP), From Ashes Rise (first LP+EP) ou encore Paragraf 119 ( LP des Danois, à ne pas confondre avecZaragraf les Nîmois). 

               Avant de passer la main à Phil et ses quelques chroniques plus détaillées, faisons comme on dit dans ska-là, un petit réskapitulatif bien festif, sponsorisé par l'écurie basque Skunk Diskak et les cow boyz de Reims, Western Special. Outre les plaques propres aux groupes, bien sûr, venez découvrir de nombreuses compilations : "Mano Negra/Illegal" (tribute à qui vous savez, par 20 groupes actuels), "Dub Odyssey 2001" (14 groupes ska & reggae passés à la moulinette dub du studio Cayenne) ou aussi "Brixton Cats & the Rudies" (6 groupes ska rocksteady dans 2 titres chacun, sur le label basque Brixton Recs). 

               Enfin, épinglons les albums de Yassa (reggae straight from the African Ivory Coast) ou des 100 Grammes De Têtes (reggae ska catalan de Perpignan chanté en français, anglais,...). 

               À toi, Phil. 

               À + ; Xian 

               Salut les zamis, quoi de bon à se mettre dans les oreilles ce mois-ci? 

               D'abord pour les patients, une bonne nouvelle. Le dernier album des vétérans activistes de The Ex est enfin arrivé dans nos bacs, à un prix qui justifie amplement votre longue et stoïque résistance face à la tentation d'aller le chercher chez les marchands de musique en le payant deux fois plus cher. 

               Les braves bataves nous ont pondu 12 titres de rock incisif aux rythmiques épileptiques à vous filer la trique. Avec toujours autant de choses à raconter, défendre ou dénoncer à en juger par la longueur des textes imprimés dans un chouette livret tout en couleurs (The Ex "Dizzy spells"/Ex records). 

               Des couleurs, vous risquez d'en attraper si vous restez là à lézarder au soleil en écoutant De Facto plutôt que d'aller bosser, bande de loques! De Facto c'est l'escapade dub/latino de 2 membres d'At The Drive-In, accompagnés d'autres lascars qui manient percus, trompettes, claviers et pianos dans un mélange assez varié, agréablement groovy, qui pète gentiment les neurones (De Facto "Megaton Shotblast"/Gold Standard Laboratories). On reste dans les mélanges avec The Party Of Helicopters qui s'y entend pour croiser rock indie, emo et post-rock (une petite larme). Le tout sonne rafraîchissant et énergique (de là à ce que ça vous donne des ailes...) grâce à un mixage plutôt "alternatif" qui lui donne un son assez live avec des voix très en avant (The Party Of Helicopters "Space... And How Sweet It Was"/Troubleman United). 

               Voilà, voilà... le mois prochain toute la vérité sur l'origine du matos vendu dans les bacs d'occases. D'ici là je vous laisse imaginer le pire en vous souhaitant le meilleur. 

               Bisous. 

               Phil

17 avril 2002

Distroï News

* Article paru dans le bulletin de la zone (avr. 2002) *

Petite suite promise pour ceux qui suivent nos nouvelles et encore plein de livres qui n'attendent que nous. Le livre-accès du Collectif Sans Ticket aux éd. du Cerisier :"gratuité pour les transports en commun", ainsi commence la préface d'Isabelle Stengers, 3 ans d'actions partagées (la "carte de droit aux transports", manifs, etc.) sous forme de livre et une analyse de la situation des transports en commun et d'un service bien peu public finalement. 

               Si l'idée nous semble évidente, elle ne l'est pas pour tous, voici l'occasion de comprendre et de participer à la réflexion. Contact chez nous : 21, rue Pierreuse - 4000 Liège, e-mail : collectifsansticket@altern.org

               Aux éd. Tahin Party : Un génocide sans importance : la Françafrique au Rwanda de Jean-Paul Gouteux : "Dans ces pays-là, un génocide c'est pas trop important", aurait confié à des amis François Mitterand en 1994 (Figaro janvier, 1998), une partie du voile est levé sur les responsabilités françaises au Rwanda. 

               Ceci amenant cela, de retour dans nos présentoirs : France Afrique : le crime continue de François-Xavier Verschave, et dans un autre registre : L'égalité animale expliquée aux humains de Peter Singer : "La question n'est pas : peuvent-ils raisonner? Ni : peuvent-ils parler? Mais : peuvent-ils souffrir?" Jeremy Bentham (1748-1832), alors ? En plus et en bien, une méga liste d'adresses, de sites, une belle bibliographie. 

               Et en route pour de nouvelles aventures de voyages qui forment la belle jeunesse avec un déjà gros succès : Satyricon : un détonnant zapping photographique de Ben&, 100% et !Angrr!. Ici ce sont les collages-images qui nous emmènent dans notre indécence, notre ridicule, nos paradoxes, ici le sens logique des images est tout autre ; les médias en sont tout retournés. Une paire de ciseaux, de la colle, les magazines féminins de vot' mère et la gazette de vot' père vous permettront d'y faire pareil plus ou moins. 

               Amateurs de photos de la mort, en voici plein les yeux, il ne lui manque que le son : Identity Parade : photos de Kristofer Pasanen, éd. The 5Th Columnist, porte bien son nom donc, c'est un défilé de moments de scène pris en un clic d'appareil, ponctué d'anecdotes, ya pas à dire, ya à voir, on retrouve avec plaisir : Wasted, Fugazi, Nine, Outlast, Neurosis, Bad Religion, et encore plein plein d'autres (il doit y avoir +/- 150 p.). 

               La colonne qui m'est confiée touche à sa fin, mais quelle fin! Pour les amateurs des Freaks's for example : quelques bd de Pete Loveday mettant en scène les aventures-voyages (trip hein!), et ce n'est pas peu dire, de Russel et de ses camarades de jeu cannabistique : Big Trip : Travel Agency #1 et #3, Plain Rapper Comix #2 (hemp info si tu vois), Big Bang Comics #2 et un gros Russel's Big Strip Stupormarket, et je vous souhaite un bon plaisir. 

               Est-il, utile, de rappeler que tout ceci est super et pas cher? Que nous vous attendons avec du thé-café-kramik-qui-tue? À la prochaine, je vais soigner la grippe. 

               Frédé

16 février 2006

News Distroï

* Article paru dans le bulletin de la zone (fév. 2006) *

Bons baisers de la Distr'oï ou nouvelle tentative de contamination (couleur "fraise écrasée"). 

         Pour commencer cette rubrique consacrée à la vie de notre chère distribution, je saluerai Anaïs et Pierre K. d'un grand coup de pinceau, puisqu'ils viennent juste de "rafraîchir", dans des tons plutôt détonnants, des morceaux de terre et de ciel (les boiseries du "Rez Créatif", l'habituel théâtre de nos exploits intra muros). Un grand merci à vous deux ! 

         Ainsi, nous voici paré-e-s au redécollage de nos cerveaux lents... Et la corde de s'allonger un peu plus, nous éloignant de la rampe de lancement et nous montrant le chemin parcouru depuis tout ce temps. 

         Oui, c'est aussi notre mémoire (la mienne autant que la tienne) qu'il faut rafraîchir. Tout en prenant des airs de magasin, de "distrib'" ou encore d'infothèque aux yeux d'un visiteur francophone (qu'il représente le public, un groupe ou une structure de diffusion musicale ou littéraire, peu importe) et d'"info-shop", "record-store", voire de "merchandising room" aux yeux d'une alter-ego s'exprimant avec nous en anglais, notre antre, si elle a forcément construit sa petite réputation autour de disques et bouquins, n'en dépasse pas moins ces dadas à travers un segment moins évident, peut-être, mais dont la part d'énergie investie est tout aussi importante dans nos agitations quotidiennes : la collecte des informations relayant les activités d'associations, éditeurs, diffuseurs, collectifs, lieux ou labels au sein desquels d'autres petites fourmis fournissent un travail conséquent. 

         Pour répercuter toutes ces "actualités" du réseau, un pont s'est lentement mais sûrement établi entre les nombreux flyers et brochures déposés dans nos présentoirs et l'outil radiophonique, devenu un complément incontournable parce qu'il permet de développer cette diversité d'acteurs et de leur parole, de rendre plus vivants encore des espaces de création, de leur donner plus de place encore en les singularisant. 

         Une véritable salade liégeoise qui peut trouver un autre levier dans la Médiathèque par exemple (celle de la Communauté, Place de la Cathédrale) qui héberge une foule de papillons, folders, etc.,... et où, depuis trois ans déjà, nos petits camarades Pierre-Charles et Henri s'occupent, à côté d'autres mises en évidence (permanentes ou plus ponctuelles), d'un rayonnage spécifique aux "démos", disponibles pour tout usager (prêt gratuit, mais attention retard payant, histoire d'encourager la fluidité des emprunts !). 

         Tiens, tiens, jusqu'à présent, ce sont justement les deux lascars de la MCFB à nous avoir emboîté le pas radiophonique pour une séquence mensuelle dans "Sans Interdit", magazine hebdomadaire de culture associative sur Equinoxe FM100.1 (chaque lundi de 22h. à minuit). Et tout comme vis-à-vis d'émissions sœurs diffusées sur le 100.1, les liens vont d'ailleurs en se renforçant et de nouvelles formes de partenariat devraient voir le jour assez rapidement. 

         J'allais presqu'oublier de mentionner les noms de références que vous retrouverez bientôt "chroniquées" dans une rubrique à parution aléatoire et qui sera intitulée "Laconique Distr'oï". 

         Cette première édition devrait rassembler les quelques excellents fanzines ou gazettes et disques ou cassettes issus des différentes scènes locales que nous avons reçus depuis le mois de septembre, qui n'ont pas trouvé place dans la version papier des Distro Niouz, mais dont il a déjà été question sur les ondes . Retenez JUMBO JET, G.S.O. 7, BERN LI, SELF-SERVICE, DETRUITU ou HOLA par exemple. 

         À bon entendeur, salut. 

         Xian

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